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Calixthe Beyala revient avec "Le roman de Pauline"
24/02/2009
 

Grioo.com est allé à la rencontre de Calixthe Beyala à l'occasion de la parution de son dernier livre, qui raconte de façon très réussie la vie de Pauline, une adolescente métisse élevée en banlieue parisienne
 
Par Paul Yange
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''Le roman de Pauline'', le dernier livre de Calixthe Beyala  
''Le roman de Pauline'', le dernier livre de Calixthe Beyala
 

Personnalité forte, Calixthe Beyala est connue pour son franc-parler, pour ses combats en faveur de l’égalité et de la promotion des minorités débuté à une époque où la diversité comme on dit aujourd’hui n’était pas encore à la mode. On en oublie presque qu’elle est écrivain. Elle revient justement avec son dernier livre, "le roman de Pauline". Jeune adolescente métisse vivant en banlieue, Pauline est une jeune fille de quinze ans, qui peut manifester de la mauvaise humeur, se montrer caustique, têtue, crue, mais aussi lucide, et pleine de tendresse pour sa mère qu’elle n’épargne pourtant pas.

A travers les yeux de Pauline, on vit le quotidien d’une adolescente métisse dans la France d’aujourd’hui, dans une banlieue française. On comprend sa façon de raisonner, d’appréhender le monde qui l’entoure, et la vie quotidienne. Avec Pauline, Calixthe Beyala aborde un thème quasi inédit dans la littérature française, celui de l’adolescence de la jeunesse noire de banlieue. Et elle réussit de fort belle manière cet exercice délicat, ce qui a valu au roman de Pauline quelques excellentes critiques dès sa parution il y a une dizaine de jours.

Pour Grioo.com, Calixthe Beyala dévoile quelques unes des facettes de son roman.


Quand on évoque les adolescents noirs, le discours à leur sujet c’est 'ils brûlent, ils cassent des voitures', mais on ne dit jamais réellement quelles sont les motivations de ces jeunes là, ce qui les pousse à poser certains actes, ce qui les pousse à être rebelles
Calixthe Beyala










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Calixthe Beyala  
Calixthe Beyala
© blog.donnamoderna.com
 

Bonjour Calixthe Beyala. Vous venez de sortir votre dernier livre, "le roman de Pauline". Comment faut-il voir Pauline, l’héroïne de votre roman ?

Pauline est le symbole de l’adolescence noire. Jusqu’à présent, il n’y a jamais eu de livre s’intéressant spécifiquement à l’adolescence noire. Connaissant bien les problématiques qui se posent à nos jeunes aujourd’hui, je me suis dit qu’il y avait matière à en faire un livre et faire une sorte de photographie d’écrivain de cette adolescence noire. J’ai voulu montrer la vie intime cette jeunesse et mettre en lumière une adolescence qui se passe dans l’ombre.

Quand on évoque les adolescents noirs, le discours à leur sujet c’est 'ils brûlent, ils cassent des voitures', mais on ne dit jamais réellement quelles sont les motivations de ces jeunes là, ce qui les pousse à poser certains actes, ce qui les pousse à être rebelles. Tout cela est complètement exclu des éléments de départ. Comment aiment-ils, comment détestent-ils, comment vivent-ils entre eux ? Quels sont les rapports réels aux parents ? J’ai voulu entrer dans l’intimité de ces jeunes là et Pauline est le symbole de cette adolescence des jeunes noirs. On trouve des éléments communs à l’adolescence blanche, mais également des particularismes qui peuvent expliquer un certain nombre de choses.

Pauline est en réalité dans une démarche initiatique. Elle n’est pas une délinquante fermée, même si au départ elle rencontre des problèmes qui sont dus à son milieu familial et social.

 
© dhnet.be  

Pauline est le symbole de cette adolescence noire, et en filigrane, on voit la France de Nicolas Sarkozy et les problèmes de la condition noire. Même si Pauline n’est pas militante du fait de sa jeunesse, elle est tout de même intéressée par cette thématique...

Pauline n’est pas une militante. La plupart de nos jeunes ne sont pas des militants, mais des jeunes comme les autres qui vivent leur adolescence normalement. Qui observent les faits sociaux et les crises sociales de très loin, en étant informé, mais sans en être partie prenante. A quinze ans, on est encore dans la construction de son identité et Pauline est encore à cette étape là. En arrière fond, il y a la France de Nicolas Sarkozy, sans qu’on ne soit dans un roman politique, mais un roman portant sur l’adolescence des jeunes noirs en France. J’ai écrit ce livre en direction de cette adolescence là. Comment peut-on s’intégrer et s’épanouir s’il n’y a rien qui vous définit ?

Ces jeunes ne sont pas si inconscients que ça, c'est ce que j'ai voulu montrer
Calixthe Beyala


C’est ce travail que j’ai fait. Pauline est une jeune fille qui ne va pas beaucoup à l’école comme ça arrive souvent dans nos quartiers, y va de temps en temps en dilettante, ne voit pas trop ce que la société pourrait lui apporter. Elle entretient des relations très conflictuelles avec sa mère qui est une mère blanche qui élève seule ses enfants, travaille et est propriétaire d’un salon de coiffure, mais a du mal à grandir d’une certaine façon avec ses enfants. C’est une femme blessée par la vie, à chaque fois déçue dans ses relations avec les hommes, toujours abandonnée et qui très rapidement se désintéresse des ses enfants car elle n’a pas la force de se porter elle-même. Il est vrai qu’elle a eu elle-même des relations difficiles avec sa propre mère. Elle pense être une bonne mère, mais n’a pas mis en place l’encadrement nécessaire à l’épanouissement de ses enfants...

 
© mairie-metz.fr  

La relation mère-fille avec Pauline va donc être extrêmement compliquée. Pauline est un peu pour sa mère le grain de sable qui empêche sa vie de se dérouler normalement. Pauline a aussi pour sa mère de l’amour, mêle si cet amour ne s’exprime pas toujours. Pauline va évoluer lorsqu’elle va rencontrer une enseignante qui va lui donner à lire "le livre de ma mère" d’Albert Cohen.

Pauline aime sa mère, mais a en même temps un regard assez cru sur elle puisqu’il lui arrive de dire "Maman est irresponsable"...

Les adolescents ont un regard très réaliste sur le monde et la vie qui les entourent, ce qui explique en partie la crise qu’ils traversent et leur rébellion car le monde tel qu’il apparait à ce moment précis de leur vie est un monde fait de beaucoup d’imperfections. Donc Pauline a ce regard sur sa mère, mais a aussi beaucoup d’humour et de recul même dans des cas où les situations peuvent être graves.

Elle est aussi pleine de sarcasmes à l’égard des relations entre adultes, leurs fausses tendresses, leurs hypocrisies...leurs compromissions avec la vie. Au-delà de la vie de Pauline, le livre est un voyage dans l’intimité des gens ordinaires en banlieue. Chacun des personnages vit une histoire. C’est le roman de Pauline avec tout l’environnement social qu’il y a autour. Il y a une mise en exergue de cette difficulté de vie et de survie dans les banlieues.

 
© http://www.gezett.de  

Pourquoi Mlle Mathilde l’institutrice qui prend Pauline sous son aile lui donne t-elle à lire "le livre de ma mère" ?

Elle estime que la relation "mère fille" est une relation très importante. Pauline est dans le rejet total de sa mère au moment où elle rencontre Mlle Mathilde. Elle estime que la mère est la colonne vertébrale de l’être humain, et va essayer de lui donner ce livre où l’exaltation des sentiments maternels est très fort. La lecture de ce livre va lui permettre de commencer à se construire une nouvelle identité, à rêver d’être écrivain, à aller à l’école, même si l’attrait de la rue va rester fort. Elle évolue aussi au niveau linguistique. Elle devient comme le dit sa copine Lou dans le livre "une autre Pauline".

Il y a justement un passage assez touchant dans le livre lorsque Pauline et des amies vont en boîte et son amie Lou, bonne élève par ailleurs, veut les rejoindre, mais elles lui disent qu’il ne faut pas qu’elle les imite...

Elles lui disent qu’il faudra des avocats, des gens bien formés, des historiens pour raconter l’histoire du peuple noir. Ces jeunes ne sont pas si inconscients que ça. C’est ce que je veux montrer. Ces enfants de banlieue sont plein de générosité et il suffit de leur montrer de l’amour pour qu’ils vous rendent de l’amour. Du respect pour qu’ils vous respectent.

Si vous ne les respectez pas, ils ne vous respectent pas. Quand vous leur tenez un langage châtié, ils tiennent un langage châtié. Ils vous renvoient l’image que vous attendez d’eux. C’est ce que j’ai pu constater depuis des années, et j’ai voulu aussi montrer par là qu’ils n’entrainent pas forcément les autres sur la mauvaise pente.

Lou est jeune fille très bien scolarisée, bien encadrée par sa mère noire, qui a très bonnes notes, qui n’est pas en retard dans ses études..., et qui s’ennuie dans le carcan familial. Un soir elle veut aller dans la rue comme les autres, et Pauline et ses amies la chassent, lui disent que sa place n’est pas là...Mais bon on ne va pas tout raconter sinon il n'y aura plus aucune surprise pour les lecteurs (rires).

Merci Calixthe Beyala


"Le roman de Pauline", Calixthe Beyala, éditions Albin Michel

Extraits

-Pauline est mon invitée maman. Tu n’as pas à la critiquer. Si elle veut manger avec ses pieds, tu n’as rien à dire.
-Je t’interdis de me parler ainsi. C’est chez moi et si tu veux que je respecte tes invités, tu n’as qu’à ne pas ramener une délinquante à la maison.
-Tu mangeais bien avec tes doigts en Afrique, non ?
La mère de Lou a dû lui mettre une bonne claque car j’entends Lou lui dire qu’elle ne perd rien pour attendre, qu'un jour, quand elle aura le dos tourné, elle se suicidera en buvant de l'eau de javel, qu'elle regrettera alors ce qu'elle lui a fait.


Mme Boudois plisse ses paupières.
-T'es pas encore en maison de correction petite traînée ? a t-elle crié. Je vais de ce pas téléphoner à l'assistante sociale.
-Mais...je n'ai rien fait.
-Arrête de mentir sale petite perverse. Avec une maman comme la tienne, une fille ne peut faire que des abominations.


- Non lui dit à nouveau Mina. Tu vas pas devenir comme nous, pas vrai ? Et si tu devenais comme nous, qu'est ce qu'on deviendrait nous ? Tu vas pas nous ressembler.
- Oui qu'est ce qu'on va devenir s'il n'y a plus que des voyous à Pantin ? je lui demande)
- On a besoin de médecins pour nous accoucher.
- D'avocats pour nous défendre.
- De politiques pour corrompre l'Etat en notre faveur.
- D'historiens pour fabriquer notre histoire.
- De mathématiciens pour enseigner des choses à nos enfants
- Qu'est ce qu'on va devenir si tu deviens comme nous ?
- Je comprends gémit Lou. Mais Pauline je ne peux pas devenir tout ça à la fois. Et puis j'ai aussi besoin qu'un garçon m'aime
- Il faut au moins que tu deviennes quelqu'un de bien. Quant à l'amour, oublie. Il ne mène nulle part. Il suffit de nous regarder (...)


       
Mots-clés
banlieue   calixthe beyala   cameroun   diaspora africaine   diversité   france   le roman de pauline   
 
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