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Livre : "Victor Hugo et l'Amérique Nègre" d'Elvire Maurouard
02/06/2010
 

Grioo.com a rencontré Elvire Maurouard qui revient sur le tremblement de terre en Haïti et son dernier livre, le très intéressant "Victor Hugo et l'Amérique nègre", paru fin 2009
 
Par Paul Yange
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Elvire Maurouard  
Elvire Maurouard
 

Bonjour Elvire Maurouard. En tant qu'Haïtienne, comment avez-vous vécu le tremblement de terre dont Haïti a été victime d'un tremblement de terre le 12 janvier dernier ?

Pour moi c'est une abomination, je l'ai vécu dans la tragédie personnellement. Le tremblement de terre m'a touché de près, mais je n'ai pas une propension à exhiber la douleur. Quand il y a de la douleur, et quand il y a des décès, je m'interroge sur le sort des racines comme disait Toussaint Louverture. J'ai vu comme vous défiler ces cadavres gigantesques, j'aurais aimé qu'on nous montre ces actes de solidarité, des Haïtiens qui se soutiennent entre eux, des femmes qui sauvent des enfants. J'aurais voulu voir l'organisation du petit peuple comme on dit.

Je crois aussi que, ironiquement, à caus de cette tragédie, on saura écrire Haîti. Il y a toujours un problème lexical quand on écrit Haïti. Pendant longtemps, les gens croyaient qu'il s'agissait de Tahiti quand on parlait d'Haïti. Au moins sur une carte, Haïti est identifiée.

Malgré le tragique, la fascination pour cette petite île qu'est Haïti n'a jamais disparu
Elvire Maurouard


En même temps, j'ai cette appréhension que tout le pays, tous ses talents, ne se réduise à la pitié. Qu'on considère Haîti comme un peuple de victimes. C'est une catastrophe naturelle et non divine, il ne s'agit pas de malédiction. C'est avant tout une question économique. Si le même tremblement de terre se produit au Japon, les mêmes causes n'auront pas les mêmes effets.

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Les dégâts du tremblement de terre  
Les dégâts du tremblement de terre
 

Nous sommes amenés à nous interroger sur la qualité des constructions en Haïti par les Haïtiens, mais aussi par les organismes étrangers puisque les bâtiments de l'ONU eux mêmes ont été endommagés et l'ONU enregistre plusieurs morts. Donc c'est peut être l'occasion idéale de penser Haïti de manière plus humaine. La tentation est grande et séduisante de dire « comme ils vivent au soleil, on peut aller vite les concernant. Ce n'est pas la peine de polir , il suffit d'entasser».

Malheureusement cette catastrophe nous a montré qu'il s'agit d'êtres humains car quand les Haïtiens souffrent, c'est aussi le monde qui souffre car comme vous pouvez le voir après Victor Hugo, Haïti reste le commencement de tout. C'est le monde. Tous les peuples se sont toujours donnés rendez-vous en Haïti. Il suffit de se rappeler la fondation même du pays. Il faut rappeler qu'Haïti a commencé avec les Espagnols, notamment à l'île de la tortue, puis les Français, puis les Anglais, puis les Américains. Malgré le tragique, la fascination pour cette petite île n'a jamais disparu.

j'aime votre pays, votre race, votre liberté, votre révolution, votre république. Votre île magnifique et douce plaît à cette heure aux âmes libres ; elle vient de donner un grand exemple ; elle a brisé le despotisme. Elle nous aidera à briser l'esclavage
Lettre envoyée par Victor Hugo au journal haïtien "Le Progrès"
.

Quand on nous présentait Haïti, on pourrait croire qu'il s'agit de peuple isolé, Haïti est souvent réduite au microcosme de la misère comme si le savoir, la connaissance, les sciences et les arts, la joie, il faut le dire aussi, la joie que beaucoup de touristes ont connu en Haïti n'existaient pas. Je crois que c'est le moment de le rappeler. Et J'aurais aimé qu'on profite de cette occasion pour parler également de la peinture haïtienne. On sait à quel point elle est prolifique, généreuse. Je parle après bien sûr Malraux, Breton. Malraux a dit qu'Haïti était un peuple de peintres. On aurait voulu nous consoler avec ces talents qui existent.

 
 

Il faut dire aussi qu'il y a quelques villes qui n'ont pas été touchées. C'était peut-être l'occasion de découvrir comment les citoyens y vivent au quotidien. Et quelle aide précise on peut leur apporter. C'est aussi le moment de faire appel à la diaspora haïtienne ici en France, de lui donner les moyens d'aller soutenir ses frères. Nous avons des milliers d'experts qui surgissent de partout, mais en attendant il y a des haïtiens qui connaissent le terrain, qui ont eu des deuils, qui ont la clé et qui connaissent le dictionnaire émotif des victimes.

Donc je crois qu'avant de faire appel aux experts toutes disciplines confondues, il serait salutaire de solliciter les haïtiens qui sont plus compétents étant donné qu'il s'agit de leurs frères, pour répondre aux besoins de leurs compatriotes.

On a beaucoup parlé de la reconstruction. Certains estiment que c'est peut-être une occasion de repenser Haïti autrement. Voyez-vous les choses de cette façon ?

C'est un peu ce à quoi je viens de faire allusion. Si on veut, la question de la reconstruction, et ou de la construction aurait même été une forme d'oxymore s'il n'y avait pas cette tragédie, car pour beaucoup Haïti était un pays arriéré qui ne méritait pas l'attention des uns et des autres. Le monde entier réalise que ce sont des êtres humains au même titre qu'eux tous, et qu'en même temps, Haïti a une position stratégique au point de vue géopolitique et personne n'a intérêt à ce qu'elle reste toujours en difficulté.

''Victor Hugo et l'Amérique Nègre''  
''Victor Hugo et l'Amérique Nègre''
 

Je crois que l'Amérique l'a compris, mais c'est un mouvement qui doit toucher toute l'humanité. Bien sûr il y a la phase émotive, qui est humaine. Mais maintenant, il s'agit de passer à une autre étape. C'est une terre riche, tout de même, de ses hommes, de ses intellectuels, de ses artistes, et en même temps Haïti c'est le panorama du monde. Les Haïtiens sont partout et ont toujours ramenés quelque chose des pays où ils se trouvent. Ce n'est pas pour rien qu'on parle de « Little Haïti » à Miami.

Au niveau de l'imaginaire, et c'est là que j'interviens, je sais que cette question n'a pas été abordée. On a ignoré, ou voulu ignorer que le plus grand poète français s'est d'abord consacré à Haïti, a d'abord consacré sa première publication à Haïti. Parce que Haïti a l'air tellement insignifiante au regard de nos contemporains. C'est une occasion de redécouvrir l'impact d'Haïti dans nos consciences.

Vous avez publié fin 2009 un livre intitulé « Victor Hugo et l'Amérique nègre » qui revient sur les relations de ce dernier avec Haïti, la question de l'esclavage, le monde noir en général...

Je parle de conscience (j'entame la question qui nous réunit aussi aujourd'hui, Victor Hugo et l'Amérique nègre). Qu'est ce qui a poussé un adolescent de 16 ans, fils d'un général français, à s'intéresser à la révolution des Noirs à Saint Domingue ? Ce n'était pas son milieu ambiant. Quelle est cette force qui pousse les uns et les autres à solliciter Haïti, que ce soit pour la fustiger ou pour la célébrer ? Haïti est toujours très discrète, subrepticement elle influence les tendances, elle parle aux hommes. Sa voix raisonne dans le concert universel. C'est également ma quête en tant qu'écrivain et mon questionnement permanent.

Victor Hugo  
Victor Hugo
 

Je crois que Haïti si vous voulez a toujours été là, mais quasiment comme sujet tabou. Au lieu d'individualiser comme Shakespeare l'avait fait avec Othello en disant « ça c'est un Noir », on préfère parler de Caraïbes pour ne pas mettre en relief l'influence directe, puissante d'Haïti. Il y a cette fascination religieuse, dans l'imaginaire haïtien. Les peurs ancestrales, l'espérance que les Dieux existent encore, que ce soit pour nous punir, ou nous élever. Haïti malgré tout reste une terre épique. On nous a dit que l'épopée n'existe pas car tout a atteint le stade de l'ordinaire. Or Haîti a toujours été extra ordinaire.

Et c'est en ce sens qu'on a préféré la terre, et peut être même avant le séïsme, Haïti a toujours été présentée un peu comme une terre engloutie, avant même que les eaux viennent réaliser ce voeu secret. C'est récemment qu'on a soulevé en France la question du créole, de la façon de l'enseigner, alors que Victor Hugo mentionnait dès 1820 le créole dans son oeuvre. On pouvait partir de là pour aborder la question du créole. Peut être qu'on a préféré éluder la question.

Pourquoi ne peut-on pas avoir une pièce, voire cette pièce de Victor Hugo en créole ? Puisqu'à l'époque, au 19ème siècle, quel écrivain français pensait créole ? Pensait en créole ? Et ceci sans commisération. C'est ce que Victor Hugo a voulu nous montrer à travers Burg-Jargal. Qu'est ce qu'il nous dit d'emblée ? Burg-Jargal se présente ainsi : « Mon père était roi au pays de Kakongo. Il rendait la justice à ses sujets devant sa porte. Des européens vinrent frères, ils nous vendirent. » Il montre que le Noir n'était pas le sauvage antique, le sauvage originel qu'on a voulu nous montrer. Il était roi lui même, donc la noblesse lui appartenait également. C'est la noblesse qui l'a fait déchoir. A ce titre on ne l'a pas mentionné, pas suffisamment en tout cas.

Portrait de John Brown  
Portrait de John Brown
 

Qui savait que, un peu comme Burg-Jargal, Toussaint Louverture envoyait des provisions à son maître quand il est devenu général. C'est inouï. Donc on comprend bien que Nelson Mandela fait partie des racines. Quand on nous dit que c'est la première fois qu'on voit des Noirs faire ça, pardonner, non. Celui qu'on avait appelé le premier des Noirs le faisait déjà. Il était devenu puissant, il aurait pu exterminer. Il envoyait des provisions à son ex maître parcequ'il se déplaçait tous les mois vers la Louisiane, et je crois que quelque part, en dépit des préjugés qu'on retrouve dans Burg-Jargal car Victor Hugo est quand même l'homme d'une époque, je crois qu'il a contribué à individualiser le Noir.

Cette image du Noir seul, pas en groupe, pas comme un troupeau, a été initiée au 16ème siècle par Shakespeare, puis finalement repris, par Victor Hugo. Le travail de ce dernier est très intéressant car dans la première version, il est contre les esclaves. Il décrète qu'ils se réjouissaient de la mort de leur maître, qu'ils faisaient un festin du sang etc Dans la deuxième version, il révise son point de vue. C'est ce qu'il fera toute sa vie bien sûr. On sait qu'il aura été royaliste, républicain etc

En même temps, à cette époque, il est très jeune, et dans la deuxième version donc, il est même très virulent quand il nous dit « c'est vous qui au lieu de palmiers avez mis des têtes de nègres pour décorer les rues. » On comprend aussi pourquoi ce roman est si peu étudié. On a essayé de le tuer comme s'il n'existait pas.


Victor Hugo fait aussi polémique avec son "discours sur l'Afrique" dans lequel il exhorte à la conquête de l'Afrique...

Je crois que quelque part, je devais aussi répondre à une question du discours sur l'Afrique de Victor Hugo, (c'est tout ce qu'on a retenu de Victor Hugo) un discours prononcé dans un banquet alors qu'il était ivre. On dit que l'ivressse c'est la voix de la conscience. Mais peut-on réduire un Victor Hugo éternellement changeant à un seul texte, « discours sur l'Afrique ». Si vous voulez, on peut dire que Victor Hugo est le dernier écrivain français épique. Etant fils d'un général, il est effectivement fier que son pays soit conquérant. Ce n'est pas du racisme si vous voulez quand il dit « d'aller les soumettre. »

Ce n'est pas le racisme qui a dicté le discours sur l'Afrique de Victor Hugo, c'est la volonté de puissance
Elvire Maurouard


C'est comme une autre version du jardin d'Eden. Je crois qu'il confondait le continent africain avec le jardin d'Eden (le continent africain est toujours un jardin d'Eden pour plus d'un!). Quand le créateur dit vous avez domination sur tous les animaux, sur tout ce qui existe sur et sous la terre, c'est cette phrase du créateur. J'ai comparé les deux discours et Victor Hugo parle comme si on était au premier jour de la création c'est une re-création du monde, comme si nous étions au premier jour de la terre qu'il propose, mais avec sa verve habituelle. Ce n'est pas vraiment la question raciale.

Il dit de s'emparer de la terre car c'est Dieu qui l'a donnée. Avant même les déclarations de Victor Hugo, on a ajouté une dimension idéologique dans la colonisation et l'esclavage, puisqu'on est remonté jusqu'à Cain, qui je le rappelle, n'a pas été présenté comme Noir. Quelque soit ce que vous prenez, que ce soit la Torah, la bible (nouveau testament), il y est dit qu'il y a une marque distinctive, mais nulle part que c'était la couleur noire. Pourquoi Cain serait-il plus maudit que la reine de Saba qui est présentée dans toute sa gloire ? Est ce que c'est quelque chose contre l'homme, qui serait plus visé que la femme ?

 
 

Ce n'est pas le racisme qui a dicté le discours sur l'Afrique, c'est la volonté de puissance. Les textes de Victor Hugo sont très religieux, il a écrit sur Notre-Dame-de-Paris etc il y a toujours quelque chose de spirituel, biblique, adamique dans son oeuvre, et c'est cela qui est projeté dans ce discours sur l'Afrique.

Je me suis basé sur la fin de sa vie pour vous en parler puisqu'à la fin de sa vie, il va intervenir pour défendre ce fameux John Brown, américain, homme blanc, qui va s'emparer d'une gendarmerie, distribuer des armes aux esclaves, qui vont s'éparpiller et tuer leurs maîtres. John Brown sera capturé avec ses complices et condamné à la peine de mort. Bien que Victor Hugo ait d'autres problèmes (il est en exil à Guernesey à cause de Napoleon III -qu'il va appeler Napoléon le petit- et vit avec ses deux femmes, Adèle Hugo et Juliette Drouet), il écrit un texte percutant après avoir entendu parler de l'affaire John Brown. Le texte existe toujours, et on peut le retrouver dans « actes et paroles ». Il dit dans ce texte que le crime n'est pas ce que John Brown a fait, mais l'esclavage. Il va faire des allusions très modernes car une fois qu'on aura tué John Brown.

On voit donc que la ''question nègre'' a toujours été au centre de l'oeuvre de Victor Hugo à 16 ans, jusqu'à ce qu'il soit un vieillard en exil à Guernesey. C'est pour cette raison que je récuse la thèse du racisme en ce qui le concerne
Elvire Maurouard


Il va peindre un tableau appelé "le gibet de John Brown", qui se trouve au Louvre, et qu'on peut voir. Il écrit un article pour les journaux anglais et américains. Les Américains vont lui répondre. Une certaine Mme Stephens écrit même en disant : « un poète vieillard et français vient souiller l'honneur de notre nation depuis quelques jours Les politiciens ont peur et les intellectuels sont lâches. Donc je vais répondre ». C'est très intéressant. Par la suite, Mme Stephens termine en disant que le véritable assassin c'est Victor Hugo lui même puisqu' il avait conseillé au peuple français de tuer son empereur Napoléon III. Mme Stephens termine en disant "nous sommes en Amérique et nous n'avons pas l'habitude de faire passer des crimes pour des actes de patriotisme".

Victor Hugo demande à l'Etat fédéral d'intervenir, méconnaissant le fait que chaque Etat est souverain et qu'on n'est pas dans le même système juridique qu'en France. Les Américains vont lui dire qu'ils comprennent que les Etats-Unis puissent exciter l'imagination d'un poète français venant d'un pays aussi petit.


Des échanges qui sont assez caustiques...(rires)

Ces échanges montrent l'héritage des rapports qui existent entre les deux pays. « Notre Dame de Paris » sera même interdit aux Etats-Unis. C'était l'oeuvre centrale que tout le monde connaissait, et c'est pour cela qu'elle a été visée suite aux critiques de Victor Hugo. On voit donc que la « question nègre » a toujours été au centre de l'oeuvre de Victor Hugo à 16 ans, jusqu'à ce qu'il soit un vieillard en exil à Guernesey. C'est pour cette raison que je récuse la thèse du racisme en ce qui le concerne. On voudrait bien aujourd'hui que les écrivains français montrent au créneau pour défendre les minorités face aux injustices qu'elles subissent.

Victor Hugo va d'ailleurs écrire une lettre aux Haïtiens pour les féliciter de l'indépendance (citée page 16 du livre NDLR) : « j'aime votre pays, votre race, votre île magnifique et douce plaît à cette heure aux âmes libres ; elle vient de donner un grand exemple ; elle a brisé le despotisme. république, elle a brisé le despotisme, elle nous aidera à briser l'esclavage ». Il va envoyer la lettre à Monsieur Heurtelou, qui est responsable du journal « Le Progrès » en Haïti.

Les Haïtiens ont rendu un vibrant hommage à Victor Hugo le jour de son décès et ont cotisé pour lui offrir une couronne (p144): « La souscription des Haïtiens de Paris en vue de rendre un hommage solennel à Victor Hugo reste encore ouverte chez Emmanuel-Edouard, 10 rue Cujas, aujourd'hui 28 mai [1885], jusqu'à huit heures du soir. A neuf heures et demie, les Haïtiens sont priés de se retrouver au Café Soufflet, 25 boulevard saint-michel, pour régler l'emploi des sommes recueillies. »

La souscription des Haïtiens de Paris en vue de rendre un hommage solennel à Victor Hugo reste encore ouverte chez Emmanuel-Edouard, 10 rue Cujas, aujourd'hui 28 mai (1885), jusqu'à huit heures du soir (...) A neuf heures et demie, les Haïtiens sont priés de se retrouver au Café Soufflet, 25 boulevard saint-michel, pour régler l'emploi des sommes recueillies
Extrait des journaux parisiens 'Le rappel et l'Evénement du 28 mai 1885 suite au décès de Victor Hugo



Il fut un temps où les Haïtiens ont donné, même si ça peut paraître incroyable pour certains. Victor Hugo a cité John Brown 120 fois dans son oeuvre. Pour comprendre l'impact de la mort de John Brown, il faut savoir que selon certains historiens, l'affaire John Brown a provoqué selon certains historiens la guerre de sécession.

Par la suite, Victor Hugo va écrire au président Lincoln pour le féliciter d'avoir aboli l'esclavage (1862). Il va y avoir un échange de lettres puisque Hugo avait beaucoup fait parler de lui suite à l'épisode John Brown Il faut se rappeler que les gens du Sud fustigeaient Victor Hugo tandis que ceux du Nord le soutenaient. Victor Hugo a aussi réuni des écrivains et des artistes, qui ont fait une souscription afin d'envoyer de l'argent à la famille de John Brown.

Ce n'est pas pour rien qu'il appelle le recueil qu'il fera par la suite « Actes et paroles ». C'est un exemple pour les intellectuels d'aujourd'hui. « La fonction des penseurs est complexe. Penser ne suffit plus. Il faut aimer. Penser et aimer ne suffit plus. Il faut agir. Penser aimer et agir ne suffit plus. Il faut souffrir. Posez la plume et allez où vous entendez la mitraille. Voici une barricade ; soyez-en. Voici l'exil : acceptez. Voici l'échafaud; soit. Qu'au besoin dans Montesquieu il y ait John Brown »

ça résume toute la personnalité de cet homme et on a bien besoin de penseurs comme lui. J'espère qu'ils sont cachés quelque part et qu'ils vont se révéler à nous bientôt.

Victor Hugo et l'Amérique nègre, Elvire Maurouard, éditions Karthala,




       
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