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Les Caraïbes, fruits de l’esclavage et de la révolte
01/10/2007
 

L’ensemble d’îles nommé aujourd’hui Caraïbes provient d’un mélange de population. Indigènes, Européens, Africains ou encore métis, ont participé souvent dans le sang et la révolte, à la création d’Etats libre et à l’émancipation des hommes et des femmes
 
Par Thomas Pagbe
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Récolte de sucre dans les Caraïbes  
Récolte de sucre dans les Caraïbes
© historical-museum.org
 

Il s’agit avant toute chose d’îles occupées par des populations indiennes. C’est l’une d’entre elles, les "Karibs", un peuple majoritairement présent dans les Petites Antilles, qui donnent son nom à l’ensemble insulaire. L’arrivée de Colomb et la conquête –dont Hernan Cortès est un des bras armés- qui lui succède des années plus tard réduisent dramatiquement la population indienne. Les indigènes sont terrassés par les armes des nouveaux arrivants et par le "choc microbien". Leur grande vulnérabilité face à des infections telles que la grippe, la variole ou encore d’autres maladies importées par les Européens les rend bien peu résistants. Ils se soumettent, succombent lentement, ou disparaissent.

L’île d’Hispaniola, les futures Haïti et Saint-Domingue, fournit un exemple éclairant. Les Espagnols, à peine arrivée sur l’île, se rendent maîtres des lieux. Malgré leur résistance, les Tainos sont impuissants face à la puissance européenne. Exterminés, mis en esclavage (1) , ils se laissent mourir de faim. Les mères avortent ou assassinent elles-mêmes leurs bébés. En une trentaine d’années, il ne reste plus que 10% de la population tainos. Confrontés à cette situation, les Européens choisissent plus tard de faire venir une autre populations vers les îles : les Noirs.

A partir de la fin du 16e siècle, une lente immigration se met en place. Les Européens confrontés à des crises économiques sur leur continent comptent sur leurs colonies pour ressusciter les trésoreries moribondes de leurs royaumes. Les monarchies européennes, bien décidées à faire fructifier leurs propriétés d’outre-mer, déportent des Nègres au même moment. A Cuba, la population croit à une vitesse très réduite. Au milieu du 16e siècle, l’île compte des colons espagnols, italiens, allemands ou portugais. On y compte aussi des Indiens et des Noirs.

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La Guadeloupe, propriété de la couronne de France, est peuplée suivant une méthode mise au point par Colbert. Le commerce du sucre, florissant pousse le Surintendant et la couronne française à organiser la production, l’acheminement puis la vente de ce produit, très prisé dans les cours du Vieux continent. Les indigènes, chassés de l’île tout au long du 17e siècle, laisse un lieu libre où le commerce peut s’épanouir. C’est au premier quart du 17e siècle que les Nègres, transportés depuis les côtes africaines, font leur apparition sur l’île. Le transport des esclaves, peu organisé, ne permet pas d’obtenir des Noirs en grand nombre. La plupart de qui constituent la première population de l’île sont des engagés militaires qui ont obtenu une terre à la fin de leur service.

A la même époque, Hispaniola accueille une population un peu plus ‘bigarrée’. La soif d’or, de richesse et d’aventure jette sur l’île une population dénuée autant de scrupule que d’argent. Arrivés sur les lieux, ils ne deviennent pas tous colons. Une partie d’entre eux penchent pour la piraterie ou la flibusterie. La normalisation de leur situation n’intervient que vers la fin du 17e siècle.

Lorsque ce siècle s’achève, le royaume de France, dépourvue de main d’œuvre, organise la Traite. La Compagnie des Indes orientales puis la Compagnie du Sénégal fournissent à la Guadeloupe, à la Martinique et à d’autres îles, leurs contingents d’esclaves. La Traite et l’économie liée à ce ‘commerce’ prennent leur essor au siècle des Lumières. Les Noirs, utilisés, entre autre, dans les plantations de cannes à sucre, s’installent durablement dans la population et finissent par en constituer la base.

Système esclavagiste et résistance
 
© http://hitchcock.itc.virginia.edu/SlaveTrade/  

Les esclaves déportés vers les îles n’obéissent pas à leur futurs maîtres sans sourciller. Déjà, à peines embarqués et l’ancre levée, nombreux sont ceux qui résistent et meurent. Les négriers savent à quel point leur "marchandise" est tendue et nerveuse lors que le bateau cingle vers la haute mer. Les côtes africaines disparaissent en même temps que l’espoir des infortunés menottés à fond de calle...

Pour autant, les Africains, arrivées à destination n’abandonnent pas leur envie de liberté. Dès 1654, la Guadeloupe et la Jamaïque connaissent leurs premières révoltes. Les propriétaires d’esclaves ne savent que trop bien les risques que font courir à leur mode de vie de telles velléités de liberté. Des esclaves, refusant leur nouvelle condition prennent le maquis et se cachent dans Ajoupas, habitations reculées où ils vivent dans une relative indépendance, lorsqu’ils ne sont pas pourchassés par leurs anciens maîtres. Les marrons, ces esclaves qui ont choisi de fuir le joug de leurs maîtres, se multiplient. En Jamaïque, 1655, les procès de résistance s’intensifient.

Pour maintenir leur pouvoir, les colons élaborent une division de la société basée sur la couleur de la peau. Un avocat français, né au 18e siècle décrit en détail la classification de la société esclavagiste. Il rapporte qu’il existe plusieurs degrés de couleurs : métis, quarterons, mamelouks, sangs-mélés, griffe etc. La classification, complexifiée par le grand nombre de teints existant comporte un élément invariable :

Sceau de la société des amis des Noirs (1788)  
Sceau de la société des amis des Noirs (1788)
 

Celui qui a une ascendance de "race noire" doit être considéré avec le plus grands mépris. Dans les possessions françaises, la couronne établit le Code Noir. Le texte, signé à Versailles en 1685, établit le statut de l’esclave. Il s’agit d’un bien meuble, susceptible toutefois d’être baptisé. Le texte, qui se veut une base solide qui réglemente la relation entre le propriétaire, ne parvient pas atteindre son objectif. En revanche, il institutionnalise l’absence de statut juridique pour l’esclave. La tentative française, malgré son échec est révélatrice : l’esclavage, véritable système économique, s’enracine profondément dans l’économie des îles.

Le poids du système esclavagiste donne naissance à un véritable mouvement de résistance. Entre 1739 et1749, des conflits armés éclatent au Surinam et Jamaïque. Les marrons, des esclaves fugitifs, opposés aux Hollandais et aux Britanniques finissent par être victorieux. Les Européens finissent par négocier et signent des traités de paix. La résistance de ne se limite pas à ces deux îles. En 1791, dans la partie française de Saint-Domingue, Vincent Ogé et Jacques Savanne prennent les armes. Ils caressent le rêve de libérer leur terre, à la manière des colons nord-américains. Leur tentative de soulèvement échoue, la répression est féroce. Ils sont capturés et remis aux autorités françaises.

Condamnés à être "roués", c'est-à-dire attachés à une roue et être battus avec une barre de fer, Ogé et Chavannes meurent le 25 février 1791. Le grand soulèvement de Saint-Domingue a lieu dans la nuit du 22 au 23 août 1791. Le meneur, Boukman, est un prêtre vaudou d’origine jamaïcaine. C’est sur ce terreau de révolte qu’un "nègre à talent", ancien cocher et régisseur des habitations du comte de Noé, baptisé plus tard Toussaint Louverture, sème les graines de l’émancipation du futur peuple haïtien.

Toussaint Louverture  
Toussaint Louverture
 

La formidable résistance qu’il oppose à Napoléon plonge son île dans la réalité de l’indépendance. Cependant, l’empereur ne l’entend pas de cette oreille et envoie sur l’île un contingent d’hommes destinés à briser la rébellion. Toussaint, trahi, finit en prison dans le fort de Joux (Jura) où il meurt en 1803. Mais d’autres prennent la relève. Dessaline, nommé général en chef de l’armée, arrache la victoire à Rochambeau, responsable du contingent militaire français. En 1804, l’Indépendance d’Haiti est déclarée.

En Guadeloupe aussi, la révolution se met en marche. Et elle porte le visage d’un homme : Joseph Ignace. Né en 1794, il prend les armes pour lutter contre la volonté de l’Empire de rétablir l’esclavage. Son combat n’aboutit pas. Menacé par l’armée adverse, fidèle à sa doctrine "Vivre libre ou mourir", Ignace finit par se suicider en se tirant une balle dans la tête le 25 mai 1791. Les échos de la révolte des nègres de Saint-Domingue sont forts, trop forts.

La Convention, envoie des émissaires qui proclament la liberté générale sur l’île entre août et septembre 1793. Les insurgés guadeloupéens ne vont pas jusqu’à la guerre révolutionnaire susceptible de les rendre indépendants. Les rebelles sont tous déportés sur les côtes américaines. Ce n’est qu’en 1848 que le Gouvernement provisoire proclame l’abolition de l’esclavage, poussé toutefois par le vent de révolte qui souffle sur l’île depuis des décennies.


Dans toutes les caraïbes, le vent de la libération et de la fin de l’esclavage souffle. A Cuba, en 1840, un embryon de nationalisme se crée parmi la population noire. Au 19e siècle, la population de couleur a tant et si bien augmenté qu'elle dépasse les Blancs en nombre.

La poussée démographique, la frustration et la pression exercée par une population noire en souffrance depuis de génération viennent à bout du système esclavagiste. Au 19e siècle : Jamaïque, Barbade, Guadeloupe, Martinique, Cuba et encore bien d’autres îles des Caraïbes deviennent libres et indépendantes.

(1) Revue L’Histoire, Juillet-Aout 2007

Une carte des Caraïbes aujourd'hui
 
 



       
Mots-clés
afrique   esclavage   senegal   toussaint louverture   
 
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