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Desmond MpiloTutu (né en 1931), Prix Nobel de la paix 1984 (1/2)
19/11/2007
 

Né en Afrique du Sud, Desmond Mpilo Tutu accéda à la notoriété internationale à la faveur de son engagement contre l'apartheid, ce qui lui valut le prix Nobel de la paix en 1984
 
Par Paul Yange
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Desmond Mpilo Tutu est né le 7 octobre 1931 à Klerksdorp, une petite ville située dans la province du Transvaal, non loin de Johannesburg.

Son père Zachariah, a fréquenté l’école chez les missionnaires et est à l’époque directeur d’une école primaire méthodiste à Klerksdorp. Aletha Matlhare, sa mère s’est arrêtée à l’école primaire et exerce la profession de domestique. Le petit Desmond a en outre une grande sœur, Sylvia Funeka, et une petite sœur, Gloria Lindiwe.

Dans l’Afrique du Sud des années 30, la ségrégation existe déjà même si elle n’est pas codifiée comme elle le sera en 1948 lorsque les lois sur l’apartheid seront votées. Des lois foncières ségrégationnistes existaient depuis 1913, les mariages mixtes étaient interdits depuis 1923. Les Blancs disposaient d’avantages dans la société sud-africaine qu’ils entendaient bien préserver, tandis que les Noirs étaient infériorisés et considérés comme juste bon à servir ceux qui dominaient l’Afrique du Sud.

si comme les Noirs en Afrique du Sud vous avez le cul dans la basse-fosse et que quelqu’un vous tend la main, vous ne demanderez pas le pedigree de votre libérateur
Desmond Tutu


Lorsqu’il est encore enfant, Desmond Tutu découvre un exemplaire du magazine afro-américain « Ebony » contant les exploits du joueur de baseball afro-américain Jackie Robinson, il en éprouve une immense fierté, réalisant que des Noirs comme lui surmontent des difficultés dans un autre pays situé à des milliers de kilomètres de l’Afrique du Sud.

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Le père Huddleston  
Le père Huddleston
© nndb.com
 

Un jour qu’il se promène avec sa mère, ils croisent le prêtre Trevor Huddleston, qui est arrivé en Afrique du Sud en 1943. Ce dernier se découvre pour saluer Aletha, la mère de Tutu, un geste qui marque profondément le jeune garçon : « ce monsieur blanc a ôté son chapeau pour saluer une simple femme noire ? » se dit-il. En 1943, la famille Tutu déménage de nouveau pour Munsieville et adhère à l’église anglicane. Desmond Tutu fréquente le lycée Western High.

En 1945, Tutu tombe malade. Il souffre de tuberculose et devra rester hospitalisé pendant près 20 mois au cours desquelles le père Huddleston viendra lui rendre fréquemment visite, une fois par semaine, à l’hôpital, lui apportant des livres, ce qui fit de Desmond un jeune particulièrement cultivé.

A sortie de l’hôpital, Tutu reprend ses études et obtient l’équivalent du baccalauréat en 1950. Il fait alors partie des 0,5% de sud-africains noirs qui ont eu la chance d’accéder à l’enseignement supérieur. Il est tenté par des études de médecine, mais l’impossibilité d’avoir une bourse le pousse à renoncer. Il décide alors de devenir enseignant et s’inscrit à l’école normale bantoue, nouvellement créée et dont il suit les enseignements entre 1951 et 1954. Le niveau des cours qui y sont dispensés est plutôt bon malgré un climat de ségrégation raciale au sein de l’école.

 
© columbia.edu  

En 54, Tutu obtient son diplôme d’enseignant et commence à enseigner dans un lycée à Madibane High, avant d’enseigner à l’école secondaire de Munsieville. Possédant une excellente érudition, doué pour faire partager sa passion aux élèves, Tutu est unanimement apprécié par ceux-ci, et leur laisse un souvenir impérissable. Il aime son métier, mais une loi votée en 1955, la loi sur l’enseignement bantou, le poussera à arrêter d’enseigner. Cette loi visait purement et simplement à limiter le degré d’instruction reçu par les Noirs, car les nationalistes blancs qui dirigeaient l’Afrique du Sud avaient peur que l’instruction reçue par ces derniers mettent finalement en danger la main mise des Blancs sur l’Afrique du Sud.

Le parlementaire JN Leroux déclarait dès 1945 : « Nous ne devons pas donner aux indigènes d’éducation universitaire comme quelques-uns conseillent de le faire. Si nous le faisons, nous aurons sur les bras, à la longue une foule d’Européens et de non-Européens dotés d’un bagage universitaire ; qui se chargera alors du travail manuel dans le pays ? » Le Dr Verwoerd, un ex-partisan de l’Allemagne nazie qui était en 1955 ministre des affaires indigènes (auquel était rattaché l’enseignement bantou) déclarait que si l’on enseigne à l’indigène d’Afrique du Sud, qu’il vivra sa vie d’adulte dans une société où règnera l’égalité des droits, on l’induit grossièrement en erreur.

Le Dr Verwoerd  
Le Dr Verwoerd
 

Marié en 1955 à Leah, Tutu prépare parallèlement une licence par correspondance à l’Unisa (Université d’Afrique du Sud) qu'il obtient en 1958. Il quitte définitivement le monde de l’enseignement et décide de devenir pasteur et entre au collège de théologie St Peter à Rosettenville. La décision de Tutu de rentrer dans l’église suscita plutôt de la désapprobation de la part de sa famille et ses amis qui trouvaient que c’était un gâchis qu’un « esprit aussi brillant s’enferme dans le sacerdoce ». En 60, il obtient sa licence de théologie et est ordonné diacre avant de devenir vicaire de St Alban près de Benoni.

A cette époque, Tutu s’il est conscient de la condition des Noirs en Afrique du Sud, n’est pas politisé. A Benoni, Tutu apprend les rudiments de l’art oratoire, apprend à prendre la prédication au sérieux et comprend combien un bon sermon peut avoir d’effets sur les fidèles. Il apprend aussi à apprécier la prêtrise et sa vocation se solidifie. Même s’il vit dans des conditions difficiles (sa femme, lui et leurs trois enfants logent dans un garage). Fin 1961, Tutu est ordonné prêtre et est envoyé à Thozoka.

En septembre 62, sous l’impulsion du père Stubbs, responsable de St Peter, Tutu va suivre des études de théologie en Angleterre, où sa femme et ses deux premiers enfants le rejoignent quelques mois après son arrivée. En Angleterre, Tutu qui n’a vécu que dans une Afrique du Sud où règne la ségrégation raciale, découvre un autre monde. Une expérience qui lui fera dire plus tard qu’il a découvert en Angleterre que les Blancs étaient des êtres humains, certains bons, d’autres mauvais.

 
 

Une anecdote révélatrice : « alors qu’il faisait la queue dans une banque, un homme blanc essaya de resquiller. Conditionné par des années de vie en Afrique du Sud, Tutu s’apprêtait à le laisser passer lorsque l’employée assise au guichet fit savoir poliment, mais avec fermeté que le suivant c’était Tutu. » Ce dernier remercia chaleureusement l’employée qui lui dit qu’elle aurait fait de même pour n’importe qui d’autre.

Au King’s College, Tutu se révèle être un excellent étudiant et obtient en 1966 un Master en théologie. Parallèlement, il servit comme curé dans un petit village nommé Bletchingley, où lui et sa famille furent rapidement adoptés, au point que les habitants se cotisèrent pour leur acheter moultes cadeaux lors de leur retour en Afrique du Sud.

A son retour en Afrique du Sud, Tutu avait été nommé maître de conférences au collège St-Peter, mais après deux ans reçut une proposition d’enseigner à l’université du Lesotho, proposition qu’il accepta et qui le conduisit une nouvelle fois à quitter l’Afrique du Sud. Bien que n’étant pas impliqué dans les affaires politiques, Tutu était déjà considéré comme « subversif en puissance» par les autorités sud-africaines qui ne l’appréciaient guère. Parallèlement à l’enseignement qu’il dispensait, Tutu préparait une thèse sur Moïse et le Coran.

Idi Amin Dada  
Idi Amin Dada
© dittatori.it
 

18 mois après son arrivée au Lesotho, Tutu fut sollicité pour devenir directeur associé chargé de l’Afrique du Theological Education Fund (Fonds pour l’enseignement de la théologie). Tutu accepta la proposition et en janvier 72, lui et sa famille se retrouvèrent à nouveau en Angleterre. Ce passage au TEF lui permit d’apprendre à gérer des fonds et devenir un administrateur de premier ordre. Le poste lui donnait également la possibilité de voyager plusieurs fois par an sur le continent africain.

Il eut ainsi l’occasion de se rendre en Ouganda où le pays vivait sous la dictature d’Amin Dada, en Ethiopie peu de temps avant le renversement d’Haïlé Sélassié, au Nigeria pendant la guerre du Biafra…En Ouganda, à une occasion, les services de sécurité examinèrent ses notes, sans trouver le rapport extrêmement critique qu’il avait écrit sur le régime d’Amin, et en Rhodésie, à l’aéroport de Salisbury, les hommes de Ian Smith trouvèrent que ses notes sur la « théologie noire » étaient « politiques », mais le laissèrent repartir.

Au sein du TEF, Tutu participe au mouvement de la théologie noire qui réaffirme la place du Noir au sein de la religion, et s’initie à la théorie de la libération pratiquée en Amérique latine lors de discussions avec d’autres collègues membres du TEF qui sont originaires de divers pays du tiers monde.

 
© robben-island.org.za  

En Angleterre, la vie de la famille Tutu était presque « paradisiaque ». Sa famille s’y plaisait, mais une fois encore, le destin allait le ramener en Afrique du Sud. En 1974, on lui fit savoir d’Afrique du Sud que la situation du pays était telle qu’il était nécessaire de confier le poste de doyen à une personnalité noire qui pourrait exprimer à l’église et à la société blanche ce que ressentaient les Noirs.

Lors de la conférence panafricaine des Eglises qui avait eu lieu un an plus tôt en Zambie, Tutu avait déclaré à certains de ses collègues noirs qu’il rentrerait en Afrique du Sud lorsque la situation s’y prêterait, ce à quoi ces derniers lui répliquèrent : « Il n’y aura pas de changement tant que des gens comme vous ne reviendront pas et ne se battront pas pour que ça change ». Après avoir participé à une retraite à Woking, Tutu décida de suivre selon ses termes « la voie de Dieu », et retourna en Afrique du Sud.

Il était le premier doyen noir de Johannesburg et le recteur de la paroisse de la cathédrale St Mary. Pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise anglicane d’Afrique du Sud, un Noir allait occuper un poste important au sein de la hiérarchie du diocèse de Johannesburg. La nouvelle fit la une de nombreux journaux sud-africains et attira l’attention sur les Tutu. Avec leur statut, ces derniers auraient pu vivre dans une résidence située dans un quartier chic, du fait de la fonction de Tutu, mais choisirent de vivre à Soweto.

Steve Biko  
Steve Biko
 

A 44 ans, Tutu n’était pas réellement engagé en politique et avait en outre passé plusieurs années (neuf au total) à l’étranger qui l’avait déconnecté de certaines réalités, mais son poste lui octroyait une position clé en Afrique du Sud. Le père Aelred Stubbs, qui avait milité pour que Tutu devienne évêque de Johannesburg l’encouragea à aller rencontrer un groupe de jeunes étudiants engagés, rassemblés autour de Steve Biko, initiateur du « Black Consciousness Movement » (Mouvement de la conscience noire).

Tutu participe aux réunions du groupe de Biko, s’entretient avec les responsables de la communauté de Soweto, où lui-même vit, ce qui lui permet de s’imprégner des conditions de vie des habitants. Son implication politique va croissante, ce qui pour lui n’est pas en contradiction avec le fait qu’il soit prêtre. S’il n’a pas été engagé par le passé, il a toujours néanmoins essayé de comprendre ce qui se disait dans les Ecritures au sujet de la libération : « Dieu ne s’intéresse t-il qu’à la sphère sacrée du monde écclésiastique, (…) est ce qu’il n’accorde aucune attention à la condition des affamés, des spoliés, ceux qui n’ont droit ni à la parole, ni au pouvoir ? Ne prend-t-il pas parti ? »

Tutu découvre aussi qu’il règne une grande tension chez les jeunes Noirs, et met en garde en disant que si un changement réel ne se produit pas rapidement, il sera impossible de conserver la paix en Afrique du Sud. Le 6 mai 76, Tutu adresse une lettre ouverte au premier ministre de l’époque, John Voster. Il y disait notamment : « j’éprouve une peur grandissante et cauchemardesque à l’idée que, si rien d’énergique n’est fait très bientôt, une effusion de sang et des actes de violence se produiront immanquablement en Afrique du Sud ».

Desmond Tutu lors d'un meeting anti-apartheid en 1986  
Desmond Tutu lors d'un meeting anti-apartheid en 1986
© achievment.org
 

Voster lui répondit dans une missive privée (il avait refusé de répondre publiquement comme Tutu l'avait demandé) en insinuant qu’il était motivé par une volonté de propagande politique. Les prédictions de Tutu se réalisèrent plus vite que prévu : le 16 juin 1976, 15000 étudiants de Soweto s’étaient réunis pour manifester contre la loi ségrégationniste sur l’enseignement bantou et protestaient contre l’usage de l’Afrikaans, la langue de l’oppresseur. Hector Petersen, 12 ans, fut le premier à tomber sous les balles de la police. Dans les semaines qui suivirent, quelques 600 personnes trouvèrent la mort, en majorité des étudiants et des écoliers, lors de ce qui resterait dans l’histoire comme les émeutes de Soweto, et un tournant dans l’histoire de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud.

Début 76, Tutu avait accepté de figurer parmi les candidats à l’évêché du Lesotho. Il fut élu quelques temps après les émeutes de Soweto, et son élection tombait on ne peut plus mal. Après une période d’indécision, il se résolut à accepter sa nomination et déménagea une nouvelle fois. Mais à peine quelques mois après sa nomination au Lesotho, Tutu fut de nouveau sollicité en Afrique du Sud, cette fois comme secrétaire général du South African Churches Council (SACC), le conseil des églises sud-africain. Il prit ses fonctions le 1er mars 78. Avec ce poste, Tutu allait rapidement devenir le porte-parole de millions de sud-africains vivant sous le joug de l’apartheid. A la suite de l’interdiction de tous les mouvements de la conscience noire et de plusieurs journaux noirs en 1977, le SACC était l’un des rares organismes qui pouvait exprimer l’opinion des Noirs sud-africains.


Vous pouvez accéder à la seconde partie en cliquant Ici







       
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Mots-clés
afrique du sud   apartheid   desmond tutu   nigeria   prix nobel   
 
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