Retrouvez Grioo.com sur votre mobile: http://m.grioo.com
Grioo.com   Grioo Pour Elle       Village   TV   Musique Forums   Agenda   Blogs  
   Jeudi 2 Septembre 2010 RECHERCHER : Sur Grioo.com  Sur Google 
 Accueil  Rubriques  Archives  Forum     Qui sommes-nous ?     
Le clip du jour



  News
News pays
Afrique
Caraïbes
Monde
Société
Sports
Santé
Insolite
Bloc Notes
  Economie
Management
  Culture
Histoire
Médias & Société
Musique
  Hommes illustres
Success stories
Interviews
Parcours
Initiatives
  Célébrités
Quizzs
Galeries Photos
Bons Plans
Musique
  Opinions
Conseils B2B
Forum


Pour recevoir notre lettre d'information, veuillez saisir votre email








AccueilRubriquesHistoireArticle
16 juin 1976 : les émeutes de Soweto
13/09/2002
 

Des dizaines de lycéens furent tués lors de ce jour qui marqua un tournant dans la lutte anti-apartheid
 
Par Paul Yange
Imprimer
Envoyer à un ami
Réagir
 Publicité 
 
Le corps du jeune Hector Petersen, 13 ans transporté par un de ses camarades. Cette photo permis de faire comprendre à la communauté internationale les horreurs de l'apartheid  
Le corps du jeune Hector Petersen, 13 ans transporté par un de ses camarades. Cette photo permis de faire comprendre à la communauté internationale les horreurs de l'apartheid
© s nzima
 

Lorsque les lycéens de Soweto manifestèrent au mois de juin 1976 réclamant de meilleures conditions pour mener leurs études et refusant la dernière mesure prise pour renforcer le "Bantu Education Act ", la police sud africaine répliqua en utilisant du gaz lacrymogène et en tirant à balles réelles. Des dizaines de lycéens sans défense furent tués ce jour, et des centaines d'autres personnes lors des émeutes qui éclatèrent par la suite à Soweto et dans le reste du pays pendant toute l’année 1976. Ces événements marquèrent un tournant dans la lutte contre le régime raciste sud africain.

En 1953, le gouvernement sud-africain mis en place le "Bantu Education Act", qui créait entre autres un département consacré à la formation estudiantine des noirs. Le rôle de ce département était de créer un programme scolaire répondant à "la nature et au besoin des étudiants noirs". L’auteur du programme, le Dr Henrik Verwoerd (pronazi convaincu pendant la seconde guerre mondiale, et qui devint par la suite premier ministre de la république sud-africaine) déclarait alors : "on doit enseigner aux noirs dès leur plus jeune âge que l’égalité avec les blancs ne leur convient pas". Les noirs ne devaient pas recevoir un apprentissage leur permettant d’atteindre des positions auxquelles ils n’avaient pas droit dans la société. Au lieu de cela, ils devaient recevoir une formation qui leur permettrait aux d’occuper des emplois subalternes et de répondre aux besoins en main d’œuvre de l’économie sud-africaine.

Dans les années 60 et jusqu’au milieu des années 70, le "Bantu Education Act" était toujours en vigueur et les conditions d’enseignement pour les masses noires de mauvaise qualité (classes surpeuplées, enseignants non qualifiés). En 1975, le gouvernement sud-africain dépensait 644 rands par an pour un élève blanc contre 42 rands pour un élève noir. Mais l’augmentation du nombre de jeunes noirs ayant accès à de études secondaires développa la prise de conscience politique chez les jeunes noirs lycéens. Le Black Conciousness Movement de Steve Biko aida également à cette prise de conscience.

Aussi en 1976, lorsque le département chargé de la formation estudiantine des noirs publia un décret indiquant que la nouvelle langue d’enseignement serait l’afrikaans, la situation était déjà explosive et les lycéens noirs refusèrent d’étudier dans la langue de l’oppresseur. Au mois de juin, quelques lycéens de Soweto décidèrent d’organiser un boycott. Le 13, une réunion regroupa 400 lycéens. Au cours de cette réunion, Tsietsi Mashinini, 19 ans et leader du South African Students Movement appela à une manifestation pacifique le 16 contre l’usage de l’afrikaans.

Le 16 juin, entre 15 000 et 20 000 étudiants se réunirent à Soweto pour défiler pacifiquement, et démontrer leur solidarité. Le Boss (Bureau of State Security) fut pris de surprise et envoya un escadron de police former un barrage devant la tête de la manifestation afin de la bloquer. Les policiers demandèrent à la foule de se disperser, celle-ci refusa. Des chiens policiers furent alors lâchés et du gaz lacrymogène employé contre les manifestants. Un policier sorti une arme et sans avertissement préalable tira dans le tas. Parmi les premiers morts figurait le jeune Hector Petersen, 13 ans. La photo prise par Samuel Nzima, montrant le corps transporté par Mbuyisa Makubu, un lycéen de 18 ans, deviendra un des symboles des horreurs du régime pro-apartheid raciste d’Afrique du Sud. L’autopsie pratiquée plus tard révéla que le jeune Hector avait bien été tué par une balle dirigée contre lui et non par une balle perdue comme le déclara plus tard la police.

La mort de jeunes lycéens fit dégénérer la manifestation. Les manifestants répondirent à la police en jetant des pierres et des bouteilles. Des bâtiments officiels, des voitures et les symboles officiels de l’apartheid furent brûlés. Des unités anti-terroristes et des hélicoptères furent envoyés en renfort. Les affrontements entre les lycéens et les policiers durèrent toute la nuit. Au matin du 17 juin, le bilan officiel faisait état de 23 morts. Mais les estimations varient entre 25 et 100 morts pour le nombre de lycéens tués par balle. Des centaines d’autres personnes avaient été blessées. Dans les jours qui suivirent, les émeutes se propagèrent dans d’autres villes, et durèrent tout le reste de l’année 1976, faisant des centaines d’autres victimes (575 personnes furent tuées au total lors des émeutes de l’année 1976).

Les émeutes de Soweto constituèrent un tournant dans la lutte anti-apartheid dans la mesure où une nouvelle génération opposée à l’apartheid avait fait entendre sa voix. Parmi les manifestants, beaucoup furent obligés de prendre les chemins de l’exil afin d’échapper à la persécution du régime de Pretoria.

Un musée commémorant les émeutes de Soweto a vu le jour cette année lors du "National Youth Day", jour consacré à la jeunesse et à la mémoire des victimes du 16 juin 1976. Un jour marquant dans l’histoire de l’Afrique du Sud.


 Publicité 
 
Mots-clés
afrique du sud   
 
 Donnez votre opinion ou lisez les 27 réaction(s) déjà écrites
 Version imprimable de l'article
 Envoyer l'article par mail à une connaissance


Partager sur: Partager sur Facebook Facebook   Partager sur Google Google   Partager sur Yahoo Yahoo   Partager sur Digg Digg   Partager sur Delicious Delicious  
 
 
Les dernières photos publiées sur Grioo Village
 
Les derniers articles Grioo Pour Elle

 Grioo Pour Elle, le site des femmes noires et métissées
 
Les derniers billets sur nos blogs
  La culture noire florissante à Bahía
  Des femmes Garifuna veulent augmenter leurs exportations de manioc
  Matilde Herrera, enseignante afrocolombienne fière de ses racines
  Matilde Herrera, enseignante afrocolombienne fière de ses racines
  Nous sommes afros. Trois pays. Une histoire. De nombreuses visions
  Abdias do Nascimento : " S’ils le pouvaient, ils remettraient les noirs en esclavage"
  Franklin W. Knight : “ La construction du Nouveau Monde est le travail des Africains et de leurs descendants"
  Jozy Altidore, footballeur américain, cœur haïtien
  DÉCLARATION DE LIMA : Participation et Incidence des Afrodescendants dans les Activités de l’OEA
  Le Sénat Brésilien approuve un Statut de l'Égalité Raciale sans quotas pour les noirs
 
 
 
 
Top
 
 
 
 
Le clip du jour


 Fodé Mohamed Soumah :''Nous voulons faire de la Guinée un pays émergent''
 Serena Williams est actuellement célibataire et à la recherche de l'âme soeur
 Le président sénégalais vers un troisième mandat :
 Lebron James veut invalider une poursuite lancée contre sa mère et lui
 Le tournage du biopic sur la vie de Tupac commencera en novembre
 Le Zimbabwe veut créer une société d'exploitation minière
 Rihanna fait son entrée au musée Madame Tussauds
 Barack Obama évoque les rumeurs selon lesquelles il serait musulman
 Les Roms, les Africains et la politique française de l’immigration
 Félix Wazekwa au Zenith de Paris le 9 Octobre
 
Adrh Apave      Afrique      Afrique Du Sud      Barack Obama      Benin      Cameroun      Caraïbes      Célébrités      Cote D'ivoire      Discrimination      Diversité      France      Gabon      Ghana      Guinée      Guinee Conakry      Haïti      Immigration      Islam      Mali      Nigeria      Racisme      Recrutement      Senegal      Togo     
 
 



   
 
Partenaires: Rap et RNB sur Rap2k | Le Faso.net
Le site des femmes noires et métissées | Grioo Village | English version