Retrouvez Grioo.com sur votre mobile: http://m.grioo.com
Grioo.com   Grioo Pour Elle       Village   TV   Musique Forums   Agenda   Blogs  
   Lundi 15 Septembre 2014 RECHERCHER : Sur Grioo.com  Sur Google 
 Accueil  Rubriques  Archives  Forum     Qui sommes-nous ?     

  News
News pays
Afrique
Caraïbes
Monde
Société
Sports
Santé
Insolite
Bloc Notes
  Economie
Management
  Culture
Histoire
Médias & Société
Musique
  Hommes illustres
Success stories
Interviews
Parcours
Initiatives
  Célébrités
Quizzs
Galeries Photos
Bons Plans
Musique
  Opinions
Conseils B2B
Forum


Pour recevoir notre lettre d'information, veuillez saisir votre email








AccueilRubriquesHommes IllustresArticle
Barthelemy Boganda (1910-1959), "élu de Dieu" et des centrafricains
26/09/2006
 

Prêtre, homme politique, député, maire de Bangui, président du Grand Conseil de l'AEF, promotteur des Etats-Unis d'Afrique Barthelemy Boganda fut l'un des leaders les plus entreprenant d'Afrique
 
Par Paul Yange
Imprimer
Envoyer à un ami
Réagir
 Publicité 
 
L'Oubangui sous domination coloniale
Barthelemy Boganda  
Barthelemy Boganda
 

Au milieu des années 1880-1890 français et allemands s’étaient mis d’accord pour que les terres de l’Oubangui « découvertes » deviennent françaises. En 1899, les terres de l’Oubangui étaient partagées entre 26 sociétés concessionnaires.

Un an plus tard, un bon nombre d’aventuriers débarquent dans les villages situés près de la Lobaye : jeunes dévoyés ou inadaptés sociaux, fonctionnaires révoqués, repris de justice, agents du Congo léopoldien expulsés pour meurtres.

Des exactions et pillages ne tardèrent pas à être commises par les employés des sociétés minières, ce qui provoqua une révolte des villageois. Trois expéditions militaires (1904, 1906, 1909) « rétablirent l’ordre colonial ». Les villageois subissent un quasi-esclavage. L'Oubangui est sous le contrôle de compagnies concessionnaires exploitant ses ressources naturelles et la force physique de ses habitants.

En 1908, un juge constatait près d’un millier de meurtres commis délibérément par les agents d’une société concessionnaire, une affaire qui fit grand bruit. Le chef de service judiciaire accusait : « l’ordre était de tuer toujours et quand même, si les villageois étaient abandonnés, si les indigènes s’enfuyaient, s’ils ne rapportaient pas la quantité de caoutchouc souhaitée ».



 Publicité 
 
La jeunesse et la formation de Boganda
Le premier prêtre centrafricain  
Le premier prêtre centrafricain
 

Le gouverneur général demanda au ministre de trouver une « solution conciliant la justice avec les nécessités de la colonisation », ce qui le conduisit à ordonner la reconquête des pays oubanguiens, qui se refusaient à « leurs nouveaux maîtres ». Il prescrivait de « substituer aux méthodes de colonisation pacifique une occupation active ». L’année 1910 année de naissance marque l’apogée de cette répression aveugle.

C’est à cette époque que naît le petit Boganda, qui a à peine le temps de connaître sa mère qui périt sous les coups d’employés de société concessionnaire car elle est coupable de ne pas avoir rapporté la quantité de caoutchouc exigé. En 1921, le petit Boganda est recueilli par le père Herriau, un missionnaire français qui l’emmène avec lui à Betou où il devient rapidement le meilleur élève de sa classe. Transféré à la mission St-Paul de Bangui, Boganda fut baptisé le 24 décembre 1922 et reçut en même temps le prénom de Barthélémy.

Pour le jeune Boganda, devenir prêtre signifie à l’époque s’émanciper des coutumes ancestrales et devenir frère de l’humanité même s'il n'est pas sur qu'il existe beaucoup de prêtres de sa couleur. Pendant plus de 10 ans, Boganda va effectuer ses études en dehors de l’Oubangui. A Brazzaville auprès de Spiritains français, à Kisantu auprès de jésuites belges. Il rencontre au cours de ses séjours des camarades dont certains deviendront des personnalités dans leurs pays, comme André Marie Mbida, futur premier ministre du Cameroun ou Monseigneur Etoga, futur évêque de Yaoundé. De retour à Bangui, Boganda est ordonné prêtre le 17 mars 1938.


Libérer l'Afrique et les Africains de la servitude et de la misère, telle est ma raison d'être et le sens de mon existence
Barthelemy Boganda







En compagnie de son épouse Michelle Jourdain et de ses enfants  
En compagnie de son épouse Michelle Jourdain et de ses enfants
 

Au cours de ses études à l’étranger, Boganda n’est retourné que très rarement chez lui. La situation s’est d’ailleurs dégradée car la hausse des cours du caoutchouc a entraîné de la part des agents de la société concessionnaire « La Forestiere » des exactions semblables à celles qui avaient eu lieu au début du siècle. (Ce sont notamment ces exactions que dénoncera André Gide dans « Voyage au Congo » distribué en 1928 à tous les membres de la société des Nations et assorti d’une demande de condamnation du travail forcé dans les colonies françaises).

Boganda perdit certains membres de sa famille lors de ces exactions et lut André Gide, Albert Londres ou Marcel Homet qui dénonçait dans un pamphlet les souffrances des habitants du village de Boganda.

Très à l’écoute des populations, Boganda dira plus tard qu’il « est très instructif de surprendre les causeries des anciens à la veillée du soir. Avec quelle amertume ils dépeignent aux enfants la servitude à laquelle au nom de la civilisation, ils ont été soumis pendant plus d’un siècle et avec quelle force ils inculquent à leur postérité la méfiance et la haine de l’occupant »

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le territoire oubanguien est représenté au parlement par un officier français. Sur insistance de ses amis, l’abbé Bathelemy Boganda décide de se présenter. Il est élu député le 10 novembre 46, une élection qui marque le début de la lutte du peuple oubanguien pour l’émancipation.

Le député crée le MESAN
Avec De Gaulle  
Avec De Gaulle
 

Boganda se rend donc pour la première fois en France et entreprend de faire connaître les revendications oubanguiennes, notamment l’application d’une loi votée le 11 avril 46 interdisant de façon absolue le travail forcé. Il décrit également la situation de l’Oubangui devant le parlement : arrêt de la réquisition de main d’œuvre, arrestations arbitraires, travail non rémunéré, salaires insuffisants, interdiction aux Noirs de fréquenter certains lieux publics. Ces revendications restent sans effet tant en métropole que localement. Boganda décidé alors de porter la bataille dans les villages afin que les paysans secouent eux-mêmes « le joug qui tombe sur eux ».

En septembre 1949, Bogan fonde le MESAN (Mouvement d’Evolution Sociale de l’Afrique Noire), un parti ne dépendant d’aucun parti politique de métropole, qui a pour ambition de s’adresser à tous les Noirs du monde et de promouvoir le plein développement de la société africaine suivant l’esprit et la physionomie propres à l’Afrique Noire.

Le mouvement de Boganda devient très rapidement populaire, notamment auprès des villageois. Les fonctionnaires semblent moins enthousiastes. Selon Boganda, c’est parceque beaucoup d’entre eux sont trop serviles à l’égard de l’occupant qu’ils cherchent à imiter. Ces fonctionnaires sont selon lui des "Blancs-Noirs" (« Mboundjou-Voko »).



Une popularité qui grandit : Boganda leader politique incontesté
A sa table de travail  
A sa table de travail
 

Lors du premier trimestre 1951, une altercation avec des commerçants colons sur un marché vaut à Boganda et son épouse (michelle Jourdain, une française secrétaire parlementaire du MRP qu'il a épousée en 1950) une condamnation de respectivement 2 mois et 15 jours. Boganda n’effectue pas le séjour en prison, mais l’incident contribue à accroître sa popularité.

En juin 51, il est de nouveau réélu député, et en mars 52, les élections de l’assemblée territoriale donnent la majorité au MESAN. Fin 53, un nouvel incident éclate dans la ville de Berberati lorsqu’un agent européen des travaux publics, récemment sanctionné pour sa brutalité à l’égard des manœuvres déclare la mort de son cuisinier et de l’épouse de ce dernier. Une émeute éclate et le gouverneur général décide d’envoyer des parachutistes tandis que des blindés font mouvement dans la ville. Après avoir hésité à se rendre dans une ville qui ne constitue pas un de ses fiefs, Boganda arrivé à Berberati et déclare aux émeutiers que la justice sera la même pour « les Blancs et les Noirs ». La foule se dispersa dans le calme. Boganda se posait en véritable guide du pays vers l’autonomie, et l’incident avait en outre montré sa capacité à rassembler.

Le gouverneur général reconnut dans ses instruction du 2 mai au chef de territoire que le racisme des Blancs envers les Noirs était « un des problèmes majeurs de l’Oubangui Chari ». En janvier 56, le MESAN recueillait 84, 7 % des suffrages, en novembre il était élu maire de Bangui, et en 1957 devenait président du Grand Conseil de l’AEF. Son audience s’étendait désormais en dehors des frontières de l’Oubangui.


Les prémices de l'Indépendance
Proclamation de la république centrafricaine le 1er décembre 1958  
Proclamation de la république centrafricaine le 1er décembre 1958
 

La loi Cadre Deferre votée en 1956 qui devait donner plus d’autonomie aux colonies dans la gestion de leurs affaires s’avérait compliquée à mettre en œuvre dans la pratique car des fonctionnaires obéissaient toujours au gouverneur général représentant la France tout en recevant des instructions d’un conseil de gouvernement (équivalent de ministres) composé presqu’exclusivement de centrafricains. La décolonisation n’en était qu’à ses débuts et personne ne voulait envisager son aboutissement logique : la naissance de nouveaux Etats.

Certains commentaires ironiques nés de la piètre situation économique en Oubangui Chari valurent une réplique de Boganda : « on m’a dit également, et devant témoins, que votre pays coûte plus cher à la France qu’il ne lui rapporte ». « Si vous prenant au mot, je décidais demain, pour ne plus être à la charge de la France, de me rattacher à la république de St-Domingue, ou au Kamtchatka, ou moins loin, -regardez donc la carte de l’AEF- vous enverriez l’armée contre nous, comme en Indochine ou en Algérie...»

Fin janvier, Le Figaro qui ne porte semble t-il pas Boganda dans son cœur décrit l’Oubangui de la façon suivante : « Eparpillés entre les bêtes sauvages, un million cent mille êtres humains cherchent à assurer leur existence misérable…Des tribus qui figurent parmi les plus primitives d’Afrique » et ajoutait que le régime de Boganda était « une dictature de facto ». Quel étrange résultat pour la politique de la loi cadre votée à Paris à l’effet de démocratiser les institutions africaines » continuait le journal...


Les Etats-Unis d'Afrique Latine ?
Maire de Bangui  
Maire de Bangui
 

A la suite du coup de force d’Alger en mai 58 qui accéléra l’évolution de toute l’Afrique Noire, les délégués de Boganda se rangèrent parmi les partisans de l’indépendance rapide lors du congrès de Cotonou en juillet 58. Boganda de son côté annonçait devant l’assemblée territoriale que « la loi-cadre étant aujourd’hui dépassée, le MESAN réclame aujourd’hui pour l’Oubangui, et pour l’Afrique Noire le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et l’indépendance totale dans l’interdépendance volontaire et librement consentie, dont nous avons à étudier les modalités. »

Le 13 juillet 58, Boganda revenait à la charge : « l’heure de la révolution a sonné pour l’Afrique Noire. Le MESAN la veut pacifique et constructive. Elle est juste, elle est nécessaire, elle est urgente. Elle est possible. Donc nous devons la faire sinon d’autres la feront. Et alors elle se fera dans le sang, elle se fera sans nous et, partant, contre nous. »

Boganda était d’avis que si l’Oubangui accédait de façon isolée à l’indépendance, ce serait une catasatrophe car les ex-colonies étaient trop peu peuplées et trop faibles économiquement. Pour lui, l’AEF devait accéder groupée à l’indépendance, et c’est qu’il appelait « république centrafricaine ». Cette république centrafricaine n’étant dans son esprit que le premier pas vers un projet plus ambitieux. Il entendait en effet rajouter à cette république centrafricaine la rive droite du Congo, puis les deux Congo unifiés, puis créer les Etats-Unis d’Afrique latine (RCA, Congo Belge, Rwanda-Urundi, Angola, Cameroun).


Un projet torpillé par les africains
Lors d'un discours à Brazzaville  
Lors d'un discours à Brazzaville
 

Boganda a conscience que son projet est ambitieux et urgent : « Puisque ce projet est réalisable, nous devons le réaliser, sinon nous serons jugés et condamnés par la postérité comme traîtres à notre mission. C’est aujourd’hui qu’il faut bâtir la république centrafricaine, demain ce sera trop tard. Les positions se cristalliseront. Des engagements seront pris, le Tchad et l’Oubangui ne manqueront pas d’être sollicités par d’autres voix et d’autres voies ».

Le projet rencontra l’adhesion du président Opangault du Congo, mais le défection d’un de ses partisans entraîna sa chute et l’arrivée au pouvoir de l’abbé Fulbert Youlou. Boganda envoya des émissaires à Fort-Lamy (Tcahd), à Libreville (Gabon) et Brazzaville (Congo) pour prendre le pouls concernant son projet d’Union entre ex territoires colonisés. Au Tchad, on trouva le projet d’Union prématurée, au Gabon la délégation fut purement et simplement éconduite. Le 24 novembre, le Gabon, le Tchad et le Moyen Congo condamnent la balkanisation de l’AEF, mais se prononcent dans le même temps pour une dissolution immédiate.

Le 1er décembre 1958, Boganda proclame la constitution d’un Etat limité au seul territoire de l’Oubangui Chari auquel il donne le nom de république centrafricaine. Le rêve d’union a fait long feu. Le 2 décembre, il prend la tête d’un nouveau gouvernement. Deux leaders émergent à ses côtés en l’occurrence david Dacko et Abel Goumba.


Une mort mystérieuse

En avril 59, des élections législatives doivent avoir lieu, mais Barthélémy Boganda trouve la mort dans un bien mystérieux accident d’avion le 23 mars 59. L’avion qu’il a pris s’écrase sur la rive gauche de la Lobaye. Ses obsèques ont lieu le 2 avril et créent une émotion immense dans le pays. Les circonstances de l’accident étaient mystérieuses : ainsi l’hebdomadaire l’Express du 7 mai 59, faisant état d’une explosion était saisi.

Tous les exemplaires parvenus en Oubangui étaient rachetés par le commissaire. Le rapport technique qui avait retenu l’hypothèse de l’accident sans préciser la défaillance qui l’avait entraîné ne devait jamais être publié dans le journal officiel de la république française.

Ainsi s’achevait l’histoire et l’ascension de l’un des leaders africains les plus entreprenants à la veille des indépendances.


       
Sur le même sujet sur Grioo.com
  Abel Goumba dément l'exil de Barthélemy Boganda aux Antilles
 
Mots-clés
afrique   cameroun   congo brazzaville   gabon   rwanda   tchad   
 
 Donnez votre opinion ou lisez les 2 réaction(s) déjà écrites
 Version imprimable de l'article
 Envoyer l'article par mail à une connaissance


Partager sur: Partager sur Facebook Facebook   Partager sur Google Google   Partager sur Yahoo Yahoo   Partager sur Digg Digg   Partager sur Delicious Delicious  
 
 
Les dernières photos publiées sur Grioo Village
 
Les derniers articles Grioo Pour Elle

 Grioo Pour Elle, le site des femmes noires et métissées
 
Les derniers billets sur nos blogs
  saison 2014 - 2015 cours de danse africaine a Rouen
  ____La rébellion congolaise du M 23 autrefois connue sous le nom de Congrès national pour la défense du peuple (CNDP),souhaite se reconvertir en formation politique
  ____Plus de 91 chefs d'Etat et de gouvernement seront présents en Afrique du Sud. Parmi les absents de marque, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou (Le fait qu'Israël ait soutenu longuement le régime pro-apartheid )(1918-2013)
  Jean-Pierre Thystère-Tchicaya naît le 7 janvier 1936 à Pointe-Noire, de parents vili.
  ___Inauguration des voiries urbaines de la ville de Nkayi--Betou mé yamb’ ngue na Congo ! (munukutuba)
  ____La ville de Nkayi sera entièrement électrifiée Jeudi 3 Mai 2012 - 12:41 VILLAGE NATALE in PSYCHISME NEEGRIIER
  ___Qui est à plaindre la victime ou l'assasin?? mardi-gras descendres Au pays des larmes___ici est mort le seigneur loué soit le seigneur. Croire que Dieu est le Maître et le Seigneur de toute chose - Loué soit Dieu, Maître de l'univers! ... La haine!
  __Mensonge pour vérité, Incompétence pour erreur de la nature, Irresponsabilité pour accident.. Symptôme et creuset de la région des grand lacs ». La problématique FIN des partis politiques après la mort ou la retraite des président-fondateurs
  ___Tableau de bord d'une douce croisière Républica Centra-Africaine après le M23 (rdc) et les FDLR (rwandais) voici venir :"SELEKA" (coalition, en sango, la langue usuelle en République centrafricaine) Centrafrique: pour qui roule la Seleka?
  ___Médiation Nguesso - Centrafrique: de réelles chances d'un accord aux pourparlers de Libreville. Merci Sassou, le pompier pyromane..«un risque difficile à détecter - « Les Congolais ont la fortune à portée de main et pourtant, ils restent pauvres
 
 
 
 
Top
 
 
 
 
 Sommet Etats-Unis Afrique : 33 milliards de dollars de promesses d’investissement
 Sénégal : le procès de Karim Wade a débuté ce jeudi
 Côte d'Ivoire : hervé Renard désigné sélectionneur
 L'Allemagne remporte sa quatrième coupe du monde
 Canal+ va lancer A+, une chaîne panafricaine, en octobre prochain
 Le Brésil écrasé par l'Allemagne en demi finales (1-7)
 Brésil Allemagne : Yaya Touré avait vu juste dans ses prévisions
 Sénégal : Macky Sall limoge Aminata Touré !
 France Nigeria : Stephen Keshi critique l'arbitrage
 Brésil, Pays-Bas, Colombie et Costa Rica en quarts de finale
 
Afrique      Afrique Du Sud      Barack Obama      Benin      Burkina-faso      Cameroun      Caraïbes      Célébrités      Cote D'ivoire      Diaspora Africaine      Diversité      Forum Mondial Des Femmes Francophones      France      Francophonie      Gabon      Ghana      Guinée      Haïti      Livre      Mali      Nigeria      Racisme      Senegal      Togo      Tyra Banks     
 
 



   
 
Le site des femmes noires et métissées | Grioo Village | English version