Grioo.com   Grioo Pour Elle       Village   TV   Musique Forums   Blogs  
   Samedi 5 Juillet 2008 RECHERCHER : Sur Grioo.com  Sur Google 
 Accueil  Rubriques  Archives     Contact   Qui sommes-nous ?     
Le clip du jour



  News
Dépêches locales
Afrique
Caraïbes
Monde
Société
Sports
Santé
Insolite
Bloc Notes
  Economie
Management
  Culture
Histoire
Médias & Société
Musique
  Hommes illustres
Success stories
Interviews
Parcours
Initiatives
  Célébrités
Quizzs
Galeries Photos
Bons Plans
  Opinions
Conseils B2B
Forum
  Petites annonces
Rencontres
Croisières
Voyages
Ma Musique
  Sonneries & logos
Jeux



Pour recevoir notre lettre d'information, veuillez saisir votre email








AccueilRubriquesHistoireArticle
L'apartheid en Afrique du Sud: partie II l’Afrique du Sud : laboratoire de l’Apartheid
12/12/2006
 

Second volet de ce dossier en trois parties sur l'avénement de l'apartheid en Afrique du Sud
 
Par Malaika Coco
Imprimer
Envoyer à un ami
Réagir
 Publicité 
 
PARTIE 2 : L’Afrique du Sud : laboratoire de l’Apartheid
Une soixantaine de personnes furent tuees à Sharpeville en 1960  
Une soixantaine de personnes furent tuees à Sharpeville en 1960
 

Expropriation, exploitation, discrimination : la jeune Union sud-africaine porte les stigmates de la colonisation. Si les Historiens s’accordent généralement pour situer les racines du mal dans la période coloniale, la responsabilité des Afrikaners dans la naissance de l’Apartheid reste controversée.

Dès la fondation de l’Union sud-africaine, les élus politiques sont tous afrikaners, ultranationalistes et racistes : Louis Botha (de 1910 à 1919), Jan Smuts (de 1919 à 1924), James Hertzog (de 1924 à 1938), puis à nouveau Jan Smuts (de 1938 à 1948). L’arrivée au pouvoir des Afrikaners n’est pas une surprise. Dans les faits, seuls les Blancs peuvent voter (les Noirs de la province du Cap peuvent voter jusqu’en 1936). L’électorat afrikaner, le plus fort, tient à conserver et même à renforcer ses intérêts. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’accession au pouvoir du parti « purifié » de Daniel Malan marque un véritable tournant. La physionomie de l’Afrique du Sud moderne sera irrémédiablement bouleversée. Plus qu’un programme politique, l’« Apartheid » réunit les électeurs blancs extrémistes autour du parti national symbolisé par un homme fort, Daniel Malan. Dans les années 50, des mesures emblématiques scellent l’intégration de l’Apartheid dans le système étatique. Contrôle et répression s’affirment peu à peu comme les mots d’ordre du régime.

En 1950, le « Population Registration Act » ou loi d’enregistrement de la population définit les différents groupes raciaux, selon des critères biologiques. Désormais, le système de réglementation et de répression de l’Apartheid régit le quotidien. En 1949, les mariages interraciaux sont interdits. En 1950, les personnes de races différentes ne peuvent avoir de relations sexuelles. La même année, selon « l’Immorality Act » (loi sur l’immoralité), les relations sexuelles entre groupes raciaux constituent un crime plus grave que les relations adultères entre personnes d’un même groupe racial. De plus, la loi permet aux policiers de pénétrer dans les maisons des particuliers sur simple présomption.

 Publicité 
 
Une vue de Soweto  
Une vue de Soweto
 

Mais la loi-phare du régime reste le « Reservation Of Separate Amenities Act » de 1953. La loi sur la séparation des équipements s’inscrit durablement dans la vie quotidienne sud-africaine. A l’origine de cette loi fondamentale, un arrêt de la Cour Suprême a jugé la séparation illégale si les aménagements destinés distinctement aux Blancs et aux Noirs n’étaient pas égaux. Le texte prévoit alors des installations équivalentes mais séparées dans les lieux publics. Jardins publics, hôtels, restaurants, piscines, bancs, ascenseurs, bureaux de poste, cimetières etc…deviennent officiellement séparés, les Blancs d’un côté, les Noirs et Coloureds de l’autre. En 1960, les plages sont également divisées.

La dérive totalitaire du régime s’inscrit également dans le contexte de la guerre froide. La politique répressive vise à supprimer le communisme et toute activité d’opposition, incitant « à l’agitation ou au désordre », en Afrique du Sud. Des réunions sont interdites. Des « suspects » sont assignés à résidence. La loi sur le terrorisme de 1967 autorise les officiers de police, de rang au moins égal à celui de lieutenant-colonel, à détenir et à interroger toute personne suspecte. Le pouvoir utilise fréquemment des mesures d’urgence qui multiplient les détentions arbitraires et la pratique avérée de la torture.

 
 

A la suite de l’apartheid rural, suit inexorablement l’apartheid urbain. A chacun son « township » (cité-dortoir en anglais), selon sa race. Dès les premières décennies du XXème siècle, les Noirs sont repoussés par la force de la loi ou celle des coups dans des petites agglomérations, à l’écart des villes. Ils sont d’abord expulsés, souvent par bulldozers avec l’aide de la police, avant d’être relogés dans des « townships ». L’exemple le plus tristement célèbre est Soweto, dans la banlieue de Johannesburg. Au centre de Johannesburg, le quartier de Sophiatown est d’abord connu pour ses musiciens et ses gangsters.

En 1950, conformément au système législatif en vigueur, Sophiatown est rasé. Ses habitants sont amenés, en camions, à une trentaine de kilomètres de Johannesburg. Ainsi, naît l’immense Soweto (South West Townships). Des petites maisons préfabriquées, à perte de vue, sont soigneusement alignées, tristes, austères et désespérément pauvres. Seul lien avec le poumon urbain : une ligne de chemin de fer et des taxis collectifs afin de permettre aux habitants de travailler en ville. Comble de la discrimination, à la place de Sophiatown, le nouveau quartier de Triomf rassemble des Blancs défavorisés. Cependant, ils reçoivent des aides et des avantages de la part du pouvoir. Le chômage touche particulièrement les Africains, surtout les Bantou. Dans les années 1950, les Noirs sont de plus en plus refoulés vers des régions rurales spécifiques, les « homelands » (patrie en anglais) ou « bantoustans ». Ces dix réserves indigènes sont créées pour les Noirs qui ne trouvent pas de travail dans les villes.


Johannes Strijdom succède à Daniel Malan en 1954. Mais la répression atteint son paroxysme sous l’ordre établi par Hendrik Verwoerd. De 1958 à 1966, la terreur règne sous l’impulsion du nouveau premier ministre. Massacres et procès à répétition caractérisent la période la plus sombre de l’Afrique du Sud. En 1960, à Sharpeville, des dizaines de manifestants sont tués par les forces de l’ordre. Les organisations africaines, dont l’African National Congress (ANC) né en 1912, sont dissolues. De grands procès condamnent les leaders de l’opposition. Nelson Mandela, figure emblématique de « l’Umkhonto We Sizwe » (fer de lance de la nation en Xhosa), est arrêté et emprisonné en 1962. Il est condamné à la prison à vie.

Hendrik Verwoerd assassiné, John Vorster devient premier ministre en 1966. Il présente l’Afrique du Sud contre le rempart le plus solide du monde libre contre le communisme en Afrique. Mais les valeurs démocratiques ne sont pas respectées dans un pays déchiré de plus en plus par la violence. Des émeutes tristement célèbres se déroulent à Soweto en 1976. Le bilan s’élève à près de 600 morts et des centaines d’arrestations, sans compter les nombreuses disparitions suspectes à ce jour non élucidées (par exemple la disparition de l’opposant Steve Biko). Après un scandale, John Vorster démissionne. Pieter Botha le remplace en 1978. Après les émeutes de Soweto, le monde entier découvre avec horreur les crimes de l’Apartheid. Les sanctions décrétées par les Nations Unies isolent progressivement l’Afrique du Sud sur la scène internationale. La domination de la minorité blanche suscite une opposition de plus en plus vive des groupes noirs, métis et indiens exclus du pouvoir. L’avenir parait incertain pour le pays de l’Apartheid.





Sur le même sujet sur Grioo.com
  L'avènement de l'apartheid en Afrique du Sud, partie I: une longue et violente histoire coloniale
 
Mots-clés
afrique   
 
 Donnez votre opinion ou lisez les 5 réaction(s) déjà écrites
 Version imprimable de l'article
 Envoyer l'article par mail à une connaissance
 
 
Les dernières photos publiées sur Grioo Village
 
Les derniers articles Grioo Pour Elle
 Galerie de photos extraites de Vogue Italie, consacré aux mannequins noirs
 eBay condamné à payer 40 millions d'euros au groupe LVMH
 Les concerts du mois de juillet
 Rencontre avec Alvina, une artiste aux multiples facettes
 Savez-vous dire non ?
 Baba Cool
 Stéphanie, belle citadine
 Marietou Diecko à la foire de Paris 2007
 Chez Marietou Diecko comme si vous y étiez
 Thomas Ngijol quitte le Grand Journal

 Grioo Pour Elle, le site des femmes noires et métissées
 
Les derniers billets sur nos blogs
  À lire sur Basango, le coin de convergence des cultures africaines
  Les noirs du 21 ème siècle ou le début de l'égalité.
  De l’indépendance socio-économique et politique des Afrodescendants
  Témoignage : les Afrolatinos sont rejettés en Amérique Latine
  L'histoire de l’Universal Negro Improvement Association de Limón, Costa Rica
  L'homme noir symbole moderne de la virilité
  Voyage culinaire dans la diaspora Afrodescendante
   La colère des souchiens
  Quince Duncan : “La guerre des races est terminée; le 21ème siècle est celui de la reconstruction”
  Discrimination des afromexicains : les spécialistes préconisent la re-éducation des peuples
 
 
 
 
Top
 
 
 
 
Le clip du jour


 Wimbledon: Venus remporte le duel des soeurs Williams!
 Mugabe veut être reconnu élu avant d'entamer toute discussion
 Un chef traditionnel annule les mariages de plusieurs filles mineures
 Mbeki présente ses excuses pour les attaques contre les Etrangers
 Ethiopie : l’argent de la banque mondiale ne fait pas le bonheur
 Arthur condamné pour avoir insulté Dieudonné
 Michèle Pierre-Louis Duvivier : “Mon sens moral et éthique a toujours été reconnu par tous”
 Une enquête interne détecte l'existence de discrimination à l'embauche chez Casino
 Le FBI et les autorités de Georgie rouvrent un cas de lynchage datant de 1946
 Wimbledon : une finale 100% Williams après la qualification de Serena
 
Afrique      Barack Obama      Cameroun      Célébrités      Césaire      Clinton      Éliminatoires      Équipe De France      Euro 2008      Football      France      Haïti      Hillary Clinton      Martinique      Monde      Nicolas Sarkozy      Nigeria      Obama      Oprah      Oprah Winfrey      Présidentielles Américaines      Primaires Démocrates      Racisme      Sports      Usa     
 



   
 
Partenaires: Rap et RNB sur Rap2k | Le Faso.net
Le site des femmes noires et métissées | Grioo Village