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Guillaume Guillon-Lethière, un peintre métis méconnu
02/03/2011
 

A la faveur d'une polémique, la France (re)découvrait avec étonnement qu’Alexandre Dumas avait du "sang noir" dans ses veines. Mais la France est emplie de ces personnalités dont les liens avec l’Afrique sont trop souvent oubliés. Le peintre Guillaume Guillon-Lethière en fait partie.
 
Par Hugo Breant
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Guillaume Guillon-Lethière  
Guillaume Guillon-Lethière
 

Guillaume Guillon-Lethière est né à Sainte-Anne, une petite ville de Guadeloupe, le 10 janvier 1760. Son père, Pierre Guillon, était procureur du roi en Guadeloupe. Sa mère, Marie-Françoise, était une esclave guadeloupéenne noire affranchie. Pierre Guillon ne reconnait son fils que le 18 germinal an VII, c'est-à-dire le 7 avril 1799, une fois que le Code noir établi par Louis XIV n’est plus en vigueur et que la loi qui interdit à un fonctionnaire du roi d’avoir des relations sexuelles avec une femme noire n’est plus en place.

Très tôt, le jeune Guillaume commence à peindre. Son père, d’abord réticent, décide alors de l’envoyer en France pour qu’il puisse exercer au mieux son art. Il vit alors près de Jean-Baptiste Descamps, peinte et écrivain français qui est professeur à l’école des Beaux-Arts de Rouen. À cette époque, étant le troisième enfant de la famille, on l’appelle "Letiers". Ce surnom se transforme par la suite en "Lethiers" puis "Lethière".

Après ses trois premières années d’apprentissage pendant lesquelles il obtient à deux reprises le Prix extraordinaire de dessin, il vient à Paris et côtoie le peintre du roi et professeur à l’Académie royale de peinture et de sculpture, Doyen, chez qui il reste jusqu’en 1886. L’Académie lui remet alors le second Prix de Rome, décerné tous les ans aux étudiants les plus talentueux, pour son tableau La Cananéenne aux pieds de Jésus. Grâce à cette bourse, Guillaume Guillon-Lethière part pour Rome. Lethière travaille alors beaucoup sur des sujets antiques, comme cela se fait beaucoup à cette période. Son œuvre Junius Brutus est ainsi très remarquée à Rome et en France.

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''La mort de Caton l'utique'', peinture de Guillaume Guillon lethière  
''La mort de Caton l'utique'', peinture de Guillaume Guillon lethière
 

En 1792, il revient en France et continue à s’exercer. En 1807, il est remarqué par la classe des Beaux-Arts de l’Institut de France et se voit proposer de devenir directeur de l’Académie de France à Rome, dite "Villa Médicis", pour remplacer le directeur par intérim Pierre-Adrien Pâris. Il y reste finalement pour deux mandats, jusqu’en 1816.

Lorsqu’une ordonnance du 21 mars 1816 crée l’Académie des Beaux-Arts, remplaçant ainsi l’Académie royale de peinture et de sculpture, l’Académie de musique et l’Académie royale d’architecture, Guillaume Guillon-Lethière se voit propose d’en devenir membre. Louis XVIII refuse dans un premier temps, Lethière étant connu pour son engagement républicain, puis finalement accepte son entrée dans l’institution. Il est même reconduit en 1818 puis décoré de la Légion d’Honneur.

Au bout de quelques années, Lethière revient en France, ouvre son propre atelier et forme à son tour de nombreux élèves. Il se trouve alors en concurrence avec Jacques-Louis David. Après une dispute avec des officiers, l’atelier et finalement fermé. Lethière enseigne alors à l’école des Beaux-Arts en 1819. Il voyage également en Italie, en Angleterre ou en Espagne, où il se rend avec son ami Lucien Bonaparte, frère de Napoléon Bonaparte, pour collecter des tableaux aux sujets historiques.

Si les critiques de l’époque reconnaissent son talent certain, la posterité n’a pas retenu le nom de Guillaume Guillon-Lethière, qui fut pourtant le premier métis à percer dans un domaine très "européen".

''La mort de Virginie'', esquisse de Guillaume Guillon Léthière  
''La mort de Virginie'', esquisse de Guillaume Guillon Léthière
 

À la fin de sa vie, il peint le Serment des ancêtres qu’il signe par ces mots "Lethière, né à la Guadeloupe". Il offre ensuite le tableau à la République d’Haïti. Celui-ci fut conservé jusqu’à nos jours dans la cathédrale de Port-au-Prince puis acheté par le musée du Louvre en 1998. Ce tableau, également nommé "Noir et Jaune s’unissant sous l’œil de Dieu" célébrait la réconciliation après les années de racisme et d’esclavage dans les Antilles mais surtout la victoire de Jean-Jacques Dessalines, premier Empereur d’Haïti, et d’Alexandre Sabès, dit Pétion, qui avaient mené la révolte servile de l’île contre l’oppression française.

Pourtant, quinze ans auparavant, Lethière avait peint la future impératrice Joséphine de Beauharnais, née en Martinique dans une famille de riches colons et qui plaida auprès de Napoléon pour le rétablissement de l’esclavage dans les Caraïbes. Sa vie de peintre métis dans le royaume de France, qui s’acheva à cause du choléra le 22 avril 1832 à Paris, ne fut donc pas exempte de paradoxes. Lors de son enterrement, dans le cimetière de Montmartre, c’est un autre "mulâtre", Alexandre Dumas qui lira quelques mots.

Le Louvre a également acquis en 2003 douze dessins du peintre qui servaient à la préparation du tableau La mort de Virginie. Cinq autres tableaux se trouvent aujourd’hui dans le château de Versailles, d’autres aux États-Unis ou à Saint-Pétersbourg. En 2005, le musée Saint John Perse de Point-à-Pitre a acquis le tableau Philoctète dans l’île de Lemnos.


''Le serment des ancêtres'', tableau offert par Guillaume Guillon Léthière à la république d'Haîti

 
Le serment des ancêtres, peinture de Guillaume Guillon Léthière qu'il offrit à la république d'Haïti
 








       
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alexandre dumas   caraïbes   guadeloupe   guillaume guillon lethière   haïti   le serment des ancêtres   
 
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