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Wandé Diakité, co-fondateur de ça-va et responsable d'"Entreprendre Mali"
24/11/2008
 

Grioo.com a rencontré à Bamako Wandé Diakité, un malien co-fondateur du premier centre d'appel du pays via la société ça va. Il est également responsable de l'association "Entreprendre Mali", qui parraine de jeunes entrepreneurs maliens en les aidant à monter des structures entrepreneuriales éthiques, viables et créatrices d'emploi
 
Par Paul Yange
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Partie 1 : ''Entreprendre Mali'', une association qui aide les porteurs de projets
Wandé Diakité  
Wandé Diakité
© grioo.com
 

Bonjour M Diakité, vous êtes le responsable de l'association "entreprendre Mali", pouvez- vous nous la présenter ?

Wandé Diakité : Entreprendre Mali est une initiative de personnes de bonne volonté qui ont pris conscience du problème que représentait le chômage pour nos jeunes, diplômés ou non, et qui ont décidé de consacrer une partie de leur temps, de leur énergie, voire de leur argent pour essayer de combattre ce problème. C’est ainsi que nous avons créé entreprendre, en collaboration avec un de nos amis, et co-fondateur de "ça-va", Marc Lebreton, qui a créé en France une association appelée Enthic (Entreprise et Ethique). Nous représentons Enthic ici au Mali, mais nous avons aussi la liberté d’entreprendre des actions et de les mener à bien.

Le porteur de projet est extrêmement important dans notre choix
Wandé Diakité


Le système consiste à identifier de jeunes promoteurs de projets, à les parrainer, les accompagner, les coacher jusqu’à la fin du projet. Il y a un comité de sélection, ici et en France, qui étudie les projets selon la provenance des dossiers. Une fois que le projet est retenu, nous désignons un parrain local et un parrain parisien si le projet est partagé entre le Mali et Paris.

On a remarqué qu’ici, ce qui manque le plus c’est un accompagnement de proximité, plus que le financement. C’est ce qui fait le côté innovant de notre structure.

Depuis combien de temps existe Entreprendre au Mali ?

Depuis quelques mois. Enthic a été créé en milieu d’année 2008 et nous il y a un trimestre.

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Avez-vous déjà commencé à identifier des projets ?

Oui, on a déjà identifié des projets, par exemple de la récupération des matières plastiques avec Mlle Sangho qui se propose de faire une unité de transformation de ces matières plastiques pour faire des granulés qui vont être aussi de la matière première pour des usines locales ici, voire même dans la sous région. On a actuellement en plus une dizaine de projets en cours d’étude.

Comment les porteurs de projets peuvent-ils prendre contact avec vous ? Entreprendre est-elle déjà suffisamment connue au Mali ?

Pas encore, car nous attendions d’être administrativement déclaré. Nous allons communiquer, et nous apprécions à sa juste valeur cette opportunité que vous nous offrez de nous faire connaître à travers le monde. Le site web est en création, Enthic a déjà son site web. Avec le lancement du projet de Mlle Sangho, nous allons faire des actions de communication.

Qu’attendez-vous d'un porteur de projets, quelles qualités recherchez-vous chez lui ?

Le porteur de projet est très important. Il peut ne pas avoir les qualités managériales nécessaires, mais si nous constatons qu’il a envie de se réaliser, que le projet lui tient à cœur, nous essayons de l’accompagner en palliant à l’insuffisance managériale soit par un recrutement, soit via un accompagnement par un consultant.

 
© enthic.org  

Concernant l’accompagnement, s’agit-il d’aide financière, de conseil, de mise à disposition de matériel ou de locaux...?

L’accompagnement c’est un peu tout ça. Nous aidons dans un premier temps à trouver le financement, et nous apportons un coaching à travers le parrainage. Si nécessaire, nous pouvons recourir à un cabinet de conseil pour faire un plan d’affaires ou une étude de faisabilité...Nous prenons tout cela en charge.

Avez-vous eu des relations avec les autorités, vous ont elle apporté une aide ?

On ne peut pas mener un tel projet sans intéresser ou informer tous les acteurs de l’environnement socio-politique ou économique. Nous avons contacté beaucoup de personnes qui ont montré leur bonne disposition à nous accompagner, et nous avons une bonne écoute à haut niveau.

Pouvez-vous nous citer un nom ou est ce trop tôt ?

C’est encore trop tôt. Ces personnes ne veulent pas apparaître au devant de la scène pour l’instant, et nous ne citerons pas de nom si ça ne vous dérange pas (rires).

Partie II : La création de la société ''ça va'', centre d’appel basé au Mali

Vous êtes un promoteur historique de "ça-va". Pouvez-vous nous faire part de votre background et nous dire comment l’idée de créer ce centre d’appel au Mali vous est venue ?

J’appartiens à une ethnie qu’on appelle ici les Soninkés comme les bamilékés au Cameroun (une ethnie commerçante). J’ai grandi dans un environnement favorable à la culture entrepreneuriale, au goût du risque, j’ai une maîtrise en psychopédagogie, art de se fixer des objectifs pédagogiques et les moyens de les atteindre. J’ai suivi des formations sur le management, le développement individuel etc

Au début, les gens me disaient que c'était impossible de mettre en place un centre d'appel au Mali
Wandé Diakité


Je suis membre fondateur d’une organisation internationale qui s’est fait connaître à travers le monde par la formation qu’elle apporte à ses membres, la JCI (Jeune Chambre Internationale) dans laquelle j’ai un niveau international de formateur des adultes.

Comment l’idée de lancer un centre d’appel basé au Mali vous est venue ?

Avec les réalités économiques du Mali, on est obligé d’être un peu imaginatif pour survivre. J’ai eu l’idée lors d’un voyage aux Etats-Unis en 2002. J’ai un frère qui est ingénieur informaticien qui vit là-bas et c’est à l’occasion de ce voyage que nous avons discuté de l’externalisation par certaines entreprises américaines de leurs services après-vente en Inde. J’ai rencontré des amis notamment Marc Lebreton et Mme Geger Yvette, plus récemment Patrick Dupont. Nous avons décidé de mettre sur pied le projet.

 
© grioo.com  

Au départ les gens me disaient que c’était impossible à mettre en place. Quelque part je les comprends parcequ’à une époque, même obtenir une simple ligne de téléphone analogique était difficile. Donc dire qu’on allait travailler dans les télécommunications à haut niveau semblait encore plus inaccessible. Mais grâce à la détermination des partenaires et aux autorités maliennes, nous avons pu transformer ce rêve en réalité. Nous avons commencé par l’offshore, et à partir de Bamako nous faisons des prestations en France. Nous travaillons également en Afrique centrale, et localement.

Comment la transition entre l’idée et la réalisation pratique s’est-elle faite ? Beaucoup de gens ont des idées, mais ont du mal à les transformer en projets viables, à passer à la phase pratique...

Je pense qu’il faut avoir de la persévérance. Comme je vous l’ai dit, j’ai eu l’idée en 2002. Auparavant je travaillais, j’étais associé dans un cabinet de conseil. On est habitué à la gestion de projets. La rencontre avec les amis a également été importante.

N’avez-vous pas été découragé ? Il y a souvent de gros obstacles administratifs au niveau du continent africain, avez-vous eu à faire face à ces obstacles ?

Tout à fait. C’est un défi à relever, et on connaît l’environnement puisque je ne débarquais pas de l’extérieur. Mais on savait qu’il ne fallait pas se décourager. A l’époque le Mali n’était pas encore connecté à la fibre optique, et c’est grâce à ce projet que le Mali s’est raccordé. En tant que malien, si le projet n’avait abouti qu’à ce résultat, j’aurais déjà été heureux.


Il y a aussi la formation du personnel, les exigences, les horaires du fait que nous sommes en Offshore, tout un ensemble de choses qui ne sont pas toujours faciles.

L'emploi dans les NTIC en Afrique est une réalité
Wandé Diakité


Combien d’employés compte "ça-va" ?

Une cinquantaine qui sont tous maliens en dehors des administrateurs. Ce sont des jeunes fraîchement sortis des écoles de commerce et de gestion, que nous avons formé sur place en collaboration avec l’APEJ (l’Agence pour la promotion de l’Emploi des Jeunes qui relève du ministère de l’emploi et de la formation qui nous a accompagné dans la mise en place du centre)...

Vous avez dit que vous aviez des clients internationaux. Comment avez-vous procédé pour que le personnel puisse répondre aux normes et aux standards internationaux souvent assez exigeants ?

Vous savez, nous avons recruté des jeunes diplômés encore adaptables. Nous les formons, en leur donnant des consignes bien précises, en leur donnant des scripts à suivre. Dans le centre, chaque prestation est un cas. Chaque fois que nous avons un nouveau prestataire, nous faisons une formation particulière, pour que le personnel puisse se mettre au diapason de la culture française si l’entreprise en question est française, mais s’adapter à la culture d’entreprise de ce prestataire.

Les jeunes en veulent, veulent prouver qu’ils savent faire, donc ça se passe bien ;

Pouvez-vous nous citer quelques uns des clients avec lesquels vous avez travaillé ?

A l’international nous assurons la gestion des appels, des standards et des prises de rendez-vous pour quelques médecins dans la région parisienne, des architectes, des avocats, des PME, le groupe La Poste et, la banque Postale en France, les postes africaines.

En Afrique Il y a le groupe « Canal Horizons » (filiale de Canal+ NDLR), Canal Sat, AGF, le ministère du tourisme malien...

 
© www.cmamali.org  

Pour que les internautes comprennent bien, quand quelqu’un appelle chez un de vos clients, il tombe chez vous. Quand il parle à l’opérateur, il ne sait pas qu’il parle à quelqu’un qui est à Bamako...

Tout à fait. Je prends l’exemple d’un médecin. Nous avons pour client un médecin qui est dans le 18ème arrondissement, qui est très sollicité. Quand un patient compose son numéro en 01, son numéro est dérouté sur Bamako. Le patient a au bout du fil une voix qu’il pense être à Paris, mais il ne sait pas que la personne se trouve à plusieurs milliers de kilomètres de Paris. La personne qui répond possède toutes les informations nécessaires au patient, l’adresse, la station de métro, le code d’entrée etc

Il y a un agenda électronique qui est simultanément ouvert chez le médecin, et quand l’opérateur le met à jour, il est également mis à jour chez le médecin. Le médecin peut ne pas consulter l’agenda immédiatement, mais mettre ses remarques ou observations le soir, que nous verrons le lendemain et à la suite desquelles nous agissons en conséquence.

Comme autre type de prestations, il y a certaines entreprises qui organisent de gros événements et qui ont besoin de s’assurer que tous leurs invités seront présents. Nous effectuons le travail de relance téléphonique à partir d’une liste qui nous est fournie...

Pensez-vous qu’il est possible de créer d’autres centres d’appels au Mali et dans d’autres pays africains à partir de l’expérience de "ça-va ?"

Oui. C’est la raison pour laquelle nous avons bénéficié des locaux dans lesquels nous nous trouvons, qui nous ont été fournis par le gouvernement, ce qui nous permet d’être vus, et permet d’inciter d’autres investisseurs à faire comme nous. Je l’ai toujours dit, je pense que l’Afrique doit se positionner dans les métiers de service. A une époque on disait que c’était nos matières premières qui n’étaient pas transformées, pour nos pays sahéliens c’était la sécheresse qui posait problème, pour d’autres c’était la dégradation des termes de l’échange. On a vu la flambée des prix du pétrole et la chute qui a suivi.

On dit que l’Afrique est mal partie. Mais avec les nouvelles technologies, l’Afrique a sa place dans le concert des affaires, notamment via les métiers des services. La concurrence est tellement rude que chacun veut se consacrer à son cœur de métier. L'Inde a été pionnier dans ces métiers, et ça s’est tellement bien passé que le pouvoir d’achat augmente là-bas. Ils deviennent moins concurrentiels, ce qui représente donc une opportunité à saisir pour les pays africains.

Voir le Site internet de la société ca-va

Voir le Site internet de la fondation Enthic

       
Mots-clés
entreprendre mali   mali   otc conseil   wandé diakité   
 
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