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Les banques ont-elles abandonné les étrangers ?
12/10/2004
 

Un consultant financier analyse ce phénomène de marginalisation croissant des étrangers
 
Par Christian Kamayou
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Cet article est le premier d'une série que grioo.com consacre au sujet trop méconnu des relations qu’ont les particuliers avec les institutions bancaires et financières.
Cinq à six millions de personnes en France sont des exclus bancaires. Des membres de communautés étrangères se passent de comptes bancaires.

Bien que la loi Française reconnaisse à chacun le droit de posséder un compte en banque, le nombre d'oubliés du système financier continue de progresser. En France, la Poste constitue souvent le dernier recours pour cette population fragile, délaissée par des banques en quête de rentabilité. Selon UFC Que choisir, « l’année 2003 a été exceptionnelle avec 18 milliards d’euros de profits pour les banques commerciales ».

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Jean-Louis Borloo  
Jean-Louis Borloo
© interet-general.info
 

Combien sont-ils les laissés-pour-compte étrangers du système bancaire ? Jean-Louis Borloo lui-même, ministre de l'emploi et de la cohésion sociale, s'est interrogé, à la veille de la présentation de son plan de cohésion sociale sur ce point. Ces exclus bancaires sont absents de la statistique officielle, mais les travailleurs sociaux et les associations de lutte contre l'exclusion estiment qu'ils sont de 5 millions à 6 millions.....une récente étude révèle qu';un nombre significatifs d';étrangers sont victimes de ces exclusions.
Théoriquement on n'est pas tenu de posséder un compte en banque mais les relations économiques et sociales l';imposent quasiment. De moins en moins d';opérations peuvent s';effectuer en numéraire. Les échanges entre les acteurs de la vie économique s';appuient sur des moyens de paiement modernes (cartes bancaires, virements, prélèvements) souscrire un abonnement à un opérateur de téléphone ou à un fournisseur d';accès Internet sans opter pour un prélèvement automatique est quasi impossible.

Martine Aubry  
Martine Aubry
© transworldeducation.com
 

Si la loi Aubry de 1998 contre les exclusions reconnaît à tout individu le droit de posséder un compte, il existe, en France, une exclusion bancaire de fait. Celle-ci frappe d'abord des personnes en situation de précarité et certains étrangers, qui ont été mises à la porte d'une ou de plusieurs banques et qui, par ignorance ou par gêne, ne font pas valoir leurs droits. 2 millions d'entre elles ne possèdent pas de compte-chèques classique.
A ces laissés-pour-compte s'ajoutent ceux, titulaires d'un compte, qui se voient privés de moyen de paiement, à la suite d'incidents bancaires. Au nombre de 3 millions, ils sont souvent bénéficiaires de minima sociaux et étrangers
Mais l'exclusion financière s'étend bien au-delà, aux personnes qui se voient interdire l'accès au crédit. Ayant un profil trop risqué selon les banques (carte de séjours temporaire ou faibles revenus), ils ne peuvent financer l'acquisition de biens essentiels, comme l'achat d'un réfrigérateur ou d'un cyclomoteur.
Il faut reconnaître à la classe politique des initiatives en faveur de la lutte contre l'exclusion financière, une des formes les plus pernicieuses de l'exclusion sociale. Ces démarches ont abouti à l'instauration, en 1999, d'un service bancaire de base pour les plus démunis, et à la création d'une procédure de faillite civile, offrant une deuxième chance aux ménages surendettés, via la loi Borloo du 1er août 2003.

 
 

ATTITUDE DISCRIMINATOIRE

Mais ces mesures n'ont pas atteint totalement leur but. Ainsi, le service bancaire de base n'a profité qu'à 12 000 personnes en 2003 selon la Banque de France. Il a en outre été conçu a minima, sans carte bancaire ni chéquier. Surtout, aucune véritable politique gouvernementale n'ayant été mise en place, l'exclusion bancaire continue de progresser, à mesure que s'accroît la fracture sociale.
Ce phénomène est accentué par l'attitude discriminatoire des grandes banques commerciales : engagées dans une course à la rentabilité, celles-ci pratiquent une sélection drastique de leur clientèle, selon un rapport, publié en avril, de l'Observatoire national de la pauvreté, rattaché au ministère de l'emploi.
"Les ménages bénéficiaires de minima sociaux et les étrangers se voient plus souvent que l'ensemble de la population refuser l'ouverture d'un compte (8 % contre 2 %) ou clôturer un compte (7 % contre 3 %). Ces refus, pouvant être exprimés de manière brutale et humiliante, peuvent être ressentis comme arbitraires et injustes."
A ces rejets, deux raisons, souligne-t-il : "un niveau de risque moyen plus élevé, de par le niveau et la nature des ressources" de ces clients ; et le fait que ces ménages constituent une clientèle plus coûteuse que les autres "car ils consomment plus de services gratuits, principalement des services de guichet". Or "la pression concurrentielle pousse les banques à limiter les coûts et donc le temps passé avec les clients ayant le moins de potentiel économique".

"Il est choquant d'assister à un véritable matraquage financier des clients en difficulté", déplore Christian Huard, président de Conso-France, qui regroupe six associations de consommateurs. Non seulement cette population est mal reçue quand elle se présente aux guichets - ce qui est pour elle l'unique façon d'obtenir de l'argent liquide - mais, en plus, on lui facture d'importants frais de retrait."

La Poste est souvent le seul recours pour certains  
La Poste est souvent le seul recours pour certains
© neteconomie.com
 

LIEN DE PROXIMITÉ

Dans ce contexte, La Poste constitue souvent l'unique recours pour les rejetés du système. "Si les personnes qui ont connu ou connaissent des situations d'exclusion bancaire disposent d'un accès aux services bancaires, c'est grâce au rôle joué par les services financiers de La Poste", confirme l'Observatoire national de la pauvreté. Ainsi, un RMIste sur deux est client de La Poste alors que celle-ci ne possède qu'une part de marché de 9 % dans les services financiers en France. La Poste ne révèle pas de chiffres concernant les communautés étrangères.
"La lutte contre l'exclusion bancaire fait partie des missions de La Poste mais elle n'est inscrite dans aucune loi, précise Patrick Werner, patron des services financiers du groupe public. L'accueil de tous s'inscrit dans nos valeurs. Le dispositif bancaire classique est libre de sélectionner qui il veut." La seule obligation pour La Poste est d'ouvrir un Livret A à qui le demande - contrainte à laquelle les Caisses d'épargne ne sont pas soumises. Du coup, nombre de ces Livrets à La Poste font office de compte bancaire. La moitié d'entre eux ont un solde inférieur à 150 euros.
Pour M. Werner, le rôle pivot du réseau postal dans la lutte contre l'exclusion s'explique aussi par le lien de proximité avec la clientèle : 1 300 bureaux sont installés dans des zones urbaines sensibles (ZUS) ou en bordure. "La clientèle modeste et étrangère éprouve moins de difficultés à entrer dans un bureau de poste plutôt que dans une banque protégée par des sas de sécurité", estime-t-il. Les banques privées conseilleraient aux clients démunis qui se présentent "d'aller plutôt ouvrir un compte à La Poste".

Il n'est pas normal qu'on ne puisse offrir à tout étranger vivant en France les services financiers indispensables à la vie en société. Comment les banques peuvent-elles se résigner à maintenir 10 % de la population hors du marché des services financiers ?

Un grand pas aura été fait lorsque la question de l'accès aux services bancaires et au crédit du plus grand nombre d';étrangers aura été réglée. Peu favorable à la mise en place de "banques des pauvres" ou de « services pour communautés étrangères »
Les mentalités vont évoluer, nous sommes persuadé que les banques commerciales assumeront leur part de la responsabilité.

Pour attirer les nombreux étrangers qui vivent en Europe, les établissements étrangers pourraient leur proposer des produits spécifiques. En Espagne des banques commencent à courtiser des Sud Américains avec de nouveaux produits et services. Au bout de cinq, six ans, les besoins élémentaires satisfaits les étrangers seraient prêts à acheter des produits financiers. Un exemple : alors que des études montrent que la plupart des services se résument aux virements et transferts de fonds, nous avons identifiés d’ autres services à forte valeur ajoutée, comme des programmes pour l’ achat de bien immobilier dans les pays d’ origine. Au titre d’accords passés avec les banques locales, la banque européenne peut minimiser le risque de défaillance en faisant garantir par sa partenaire locale le remboursement final du crédit par une hypothèque sur le bien. Cette offre, comme d’ autres auxquelles nous avons pensé, peut intéresser beaucoup de monde.

Nous vous proposerons régulièrement une sélection d' articles et des conseils sur les thèmes précis de vos relations bancaires et financières notamment :
Les difficultés d' accès aux services bancaires en France et en Afrique.
Les transferts d' argent des travailleurs immigrés vers leur pays d' origine

Christian Kamayou, diplômé d'HEC et consultant en marketing financier,a fondé l'association Mapesa, organisation chargée de promouvoir l'accès aux services bancaires pour tous et notamment aux étrangers.

christian.kamayou@grioo.com

       
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