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DiversCités: commemoration de l’esclavage et création d’une foundation européenne
26/04/2006
 

Grioo.com a rencontré Karfa Diallo, le président de l’association DiversCités, qui organise un événement de plusieurs jours en commémoration de l’esclavage, avec de prestigieux parrains comme Serge Bilé, Patrick Chamoiseau, Calixthe Beyala, Roni Brauman, Noël Mamère ou Youssou N’dour.
 
Par Hervé Mbouguen
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DiversCité  
DiversCité
 

Pouvez-vous présenter votre association DiversCités?

DiversCités est une association dont le slogan est: « unir sans confondre et dissocier sans séparer ». Par des actions culturelles et militantes, elle revendique de lire l’histoire sur la base de faits véridiques et non falsifiés, et non sur la base d’impératifs moraux. Elle propose de faire dialoguer les mémoires, sortir de la lecture « universalisme/communautarisme » pour faire advenir une société cosmopolite qui n’est pas fondée sur un seul récit. Elle a regroupé à sa création des citoyennes et des citoyens de toutes origines déterminé(e)s à œuvrer pour réaliser une société réellement multiculturelle qui reconnaît et valorise les diversités et combat la discrimination, le racisme et l’exclusion.
Elle s’est très tôt donnée comme objectif de promouvoir la diversité culturelle c’est à dire de prendre à rebours l’idée que la différence pouvait constituer un obstacle à la construction d’une entité nationale dans laquelle chacun se retrouve quelque soit ses origines ethniques, religieuses et culturelles.
Et, pour tenter d’y apporter une réponse la gestion de la mémoire collective est incontournable : faire de la mémoire une ressource pour la cohésion sociale.
Nous sommes partis de l’idée que si malgré tout l’arsenal législatif et réglementaire, les difficultés d’intégration dues à la discrimination et au racisme se perpétuent dans notre société c’est en partie parce que nos imaginaires et notamment ceux des décideurs économiques et politiques restent figés sur la vision négative que la première forme de mondialisation a codifié !

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Karfa Diallo  
Karfa Diallo
 

Votre association a organisé un événement l'année dernière en commémoration de l'esclavage, pouvez-vous nous en parler?

Revenir sur l’histoire de la traite des noirs et l’esclavage n’est pas simplement faire œuvre d’historien, c’est agir sur le présent et sur une situation qui, aujourd’hui, est au cœur des enjeux de la société française. Ce constat est, à la base, de la création de l’association DiversCités dont l’objectif est de participer à la redéfinition d’une identité collective par la reconnaissance des identités d’origines. Il s’agit d’appréhender la question sociale à l’aune des conditions particulières de constitution de la République.
La 8éme Edition du Mémorial de la Traite des Noirs a eu lieu du 10 au 18 juin 2005. Parrainée par l’Unesco « projet la route de l’esclave » depuis 2003, cette édition a permis de démontrer la légitimité de notre engagement citoyen. En effet, la participation du public a dépassé toutes nos espérances. Et les répercussions médiatiques ont permis de faire savoir à la France et au Monde que les citoyens bordelais se souviennent de ce crime contre l’humanité. Le thème portant sur la Résistance des Femmes, il s’agissait de mettre en exergue les nombreuses femmes d’Afrique, des caraïbes et de la diaspora à s’être dressées contre le système esclavagiste. La journaliste et écrivain Sylvia Serbin a été l’invitée d’honneur de ce Mémorial à travers des rencontres littéraires qui ont permis au public bordelais de se familiariser avec l’histoire de la résistance des femmes.

Commémoration 2004  
Commémoration 2004
 

Le Colloque International parrainé par l’Unesco « Mémoire de la traite des noirs et de l’Esclavage » est le premier grand colloque organisé sur le thème à Bordeaux. Organisé au Conseil Régional Aquitaine, cette réunion a permis a des universitaires africains et antillais participant au projet « la route de l’esclave » d’échanger avec d’autres spécialistes et militants bordelais.
Cette Edition a donc constitué un fort moment de communion autour des différentes manifestations. Comme chaque année le Mémorial s’est clôturé après la Marche par une soirée commémorative « le serment du bois-caïman » sur les quais de Bordeaux en face du navire militaire le Colbert . Il convient de souligner la forte participation du public mais surtout le soutien apporté par les représentants de plusieurs institutions et associations. La cérémonie solennelle qui a ouvert la soirée commémorative a permis à l’assistance d’entendre les allocutions des représentants et d’accorder une minute de silence et un jet de fleurs à la mémoire des victimes de la traite des noirs et de l’esclavage.


 
 

Vous récidivez cette année avec un programme sur plusieurs jours, pouvez-vous nous en parler?

Le Mémorial 2006 coïncide avec la 1ère commémoration de la traite des noirs et l’esclavage. Il convient d’abord de regretter les lenteurs politiques et administratives dans l’organisation par la République de cet événement. En effet, à l’heure d’aujourd’hui, aucune circulaire du Ministère de l’Intérieur n’est venue enjoindre aux préfectures et sous-préfectures de Métropole de préparer l’organisation de cette commémoration. Comme d’habitude la République a toujours un train de retard ! Mais peut être est ce mieux ainsi. Nous n’avons pas attendu la République ni pour résister et briser nos chaînes, ni pour changer le monde telle que la diaspora africaine l’a fait depuis des siècles ni pour affronter les murs de silence et de honte qui recouvraient ce crime contre l’humanité.
Alors à Bordeaux, nous organisons une série de manifestations du 10 au 13 mai en hommage à Louis DELGRES, le libérateur des Antilles. Le président d’honneur en sera l’écrivain Patrick Chamoiseau.
D’abord la Cérémonie Solennelle sur les quais le 10 mai. Ensuite le 12 mai le 2ème parcours-mémoire « un moment d’esclavage » : il s’agit de parcourir les différentes traces de la traite des noirs et l’esclavage que porte notre ville. Composé de 5 étapes, moments d’esclavage (capture, cale du navire, plantation, résistance et liberté), qui donneront l’occasion de chorégraphie du Béninois Norbert Senou et du martiniquais Jocelyn Bonbou et de lectures de textes de Césaire, Senghor, Montesquieu, Okoundji, Mestre, etc… C’est une sorte de Nuit du Patrimoine !
Le 13 mai, une place sera baptisée au nom de Delgrés à la Commune de Bègles et nous finirons par une Conférence sur la dimension européenne de la traite des noirs avec des chercheurs et acteurs culturels de Porto, Bristol et Amsterdam.

 
 

Pourquoi avoir choisi Bordeaux alors qu'une grande partie des afro-caribéens réside en Ile de France?

Nous n’avons pas choisi Bordeaux ! C’est plutôt Bordeaux qui nous a choisi !
Port négrier au 18ème siècle la ville a été longtemps amnésique sur son passé négrier préférant parler du commerce colonial en omettant, bien entendu, les conditions de production des denrées coloniales.
Il nous semble important de sortir des lectures centralisatrices ou régionalistes voire ethniques sur la question. L’histoire de la traite des noirs c’est l’histoire de l’humanité et c’est aussi l’histoire de France. Mais avant c’est d’abord l’histoire des ports qui ont construit leur fortune sur ce commerce et qui, ainsi, se sont donnés les moyens d’influencer le pays. Alors, le travail de mémoire peut se faire en lien avec les différentes initiatives partout dans le pays. Il est vrai que cela a été difficile de résister à l’hostilité, l’intimidation, le mépris d’une partie de la société bordelaise, de toutes tendances politiques, issue de cette histoire.
Cependant, au fil des années notre détermination et une véritable mobilisation des milieux progressistes a permis d’influer sur le cours de choses. Initiée par des aînés d’origines antillaises et africaines, le travail de mémoire sur la traite des noirs à Bordeaux a pris un tournant politique lors des cérémonies du 150ème anniversaire de l’abolition de la traite des noirs en 1998. En effet, cette commémoration (sous un gouvernement socialiste) illustra de façon magistrale la falsification historique républicaine à l’œuvre dans l’histoire coloniale. La République célébra en grande pompe les généreux abolitionnistes en passant sous silence les réalités historiques de la résistance des esclaves noirs. C’est la croyance commune d’avoir une histoire commune et donc une mémoire à construire ensemble, à faire émerger…

 
 

Vous comptez annoncer la création d'une fondation européenne,pouvez-vous nous en dire plus?

Il faut d’abord regretter qu’il n’y ait pas en France une tradition de telles « structure d’hospitalité » comme les nomme Achille Mbembé.
Le projet de Fondation Européenne du Mémorial de la Traite des Noirs repose sur notre conviction que, maintenant que le combat pour la reconnaissance est gagné, il faut maintenant rentrer dans la transmission de cette mémoire afin de former des citoyens dont l’imaginaire sera moins pollué par les versions historiques hégémoniques.
Il y a l’instant du regard sur l'histoire de la traite des noirs et de l'esclavage, le temps pour comprendre l'horreur de ce crime et le moment de conclure par la transmission des cultures et civilisations nées de ce grand bouleversement, afin de faire de cette mémoire une ressource pour l'épanouissement individuel et collectif.
Le principal moyen d’action de cette Fondation sera l’Ecole de la Mémoire. Il s’agit de proposer aux Etats Européens des programmes de bourses destinés aux jeunes de15 à 20 ans pour des résidence-mémoires soit en France soit en Afrique, dans les Caraïbes ou l’Océan Indien. L’idée est, en lien avec des chercheurs et/ou acteurs culturels, de faire connaître la mémoire des régions anciennement mis en esclavage et/ou colonisés et les liens entre cette mémoire là et l’histoire de leurs pays.
Bien entendu, elle devrait administrer le futur lieu de mémoire prévu à Bordeaux, mais aussi soutenir et encourager les initiatives privées et publiques autour du travail de mémoire sur la traite des Noirs et l'esclavage, pour la reconnaissance et la transmission de cette mémoire et l’attribution d’aides logistiques et financières à des entreprises artistiques et culturelles (subventions, résidences, partenariats, formations…), etc…
Elle a comme parrains Patrick Chamoiseau, Françoise Vergés, Claude Ribbe, Jacques Attali, Régis Debray, Serge Bilé, Calixte Beyala, Harlem Désir, Noel Mamére, Louis Sala-Molins, Roni Brauman, Youssou Ndour, Benjamin Stora, Luc St-Eloi, Jacques Martial, etc…

Comment peut-on vous contacter?
www.diverscites.org

       
Mots-clés
afrique   benin   dati   esclavage   france   
 
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