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Contexte |

D'après William Cobb.
Après la catastrophe Katrina, le désastre continue pour la Louisiane…
Les défaillances de cet Etat sont cruellement mises en évidence par les différentes crises qui le secouent depuis.
Plus d’un an après l’ouragan, la plupart des zones impactées sont toujours en ruine, les deux tiers de la communauté noire n’ont pas pu ré emménager et les entreprises n’arrivant pas recruter ne peuvent fonctionner faute d’effectif.
C’est précisément ce manque de main d’œuvre qui a les plus fortes répercussions sur la société puisqu’il cause le retour à un mode de travail qui fait écho aux plus sombres heures de l’Histoire américaine…
La Louisiane détient le triste record du plus haut taux d’incarcération des Etats-Unis, avec 723 détenus pour 100 000 habitants. Selon les plus récentes statistiques du Département de la Justice, 13% des hommes noirs de 18 à 24 ans y sont actuellement en prison. A l’échelle nationale, les afro-américains constituent 40% de la population carcérale (pour 12% de la population américaine).
Le cercle vicieux commence quand l’incarcération devient utile aux régions touchées par l’ouragan : l’importance du travail de reconstruction aggrave le problème chronique du recrutement dans les secteurs du bâtiment et la réponse toute trouvée à cette crise est la main d’œuvre toujours croissante, prête et dispose que sont devenus les détenus des prisons fédérales.
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Travail forcé |

La Nouvelle Orléans a développé un programme pour former les prisonniers au travail artisanal dans le but de les rendre “employables” dès leur libération en leur apprenant les métiers les plus nécessaires à la recnstruction : le « Opportunities Industrialization Center ».
Mais même s’ils partent d’un bon sentiment, les différents programmes de réhabilitation se révèlent à double tranchant : l’augmentation constante de la population carcérale, corvéable à merci, les rend extrêmement alléchants pour les grandes sociétés privées qui ont bien compris le bénéfice à en tirer.
Ainsi à la mi juillet un grand quotidien de la Nouvelle Orléans relatait que toute une équipe de participants à l’OIC était dévouée à la reconstruction de la maison particulière d’un juge local, en totale violation avec les règles du programme. Dans la commune il est cependant devenu parfaitement légal pour les entreprises du bâtiment de « louer » des détenus et ce n’est pas un cas isolé puisque le New York Times révélait dernièrement au grand public des faits similaires dans d’autres villes de Louisiane.
Ce qui apparaît en surface comme un programme de réhabilitation illustre bien le profit inhérent à l’incarcération.
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Réminiscences d'un passé douloureux... |
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Une equipe de travail composee de detenus, debut 19eme a Angola
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Damon Hewitt est un avocat travaillant pour la NAACP, il est en charge des problèmes juridiques conséquents à l’ouragan et aux déplacements de population qu’il a causé. Il déclare : « A tous les niveaux de l’industrie pénitentiaire il y a un intérêt financier à garder les personnes emprisonnées. Et cela pose la question de l’exploitation du travail des détenus”.
Cruel point commun, les régions les plus sévèrement touchées par Katrina sont celles là même où sévissait l’esclavage jusqu’au 19ème siècle. Après la guerre de Sécession, l’adoption du 13ème amendement avait aboli le système esclavagiste mais la Louisiane et le Mississipi avaient conservé le droit au travail forcé pour « les nègres convaincus de crimes. »
Pour compléter le tableau beaucoup de prisons sudistes telles que « Angola » et« Parchman » doivent leurs noms aux anciennes célèbres plantations sur lesquelles elles sont construites… Et il est désormais redevenu monnaie courante d’y faire travailler les prisonniers. L’Histoire se répète et laisse un goût des plus amers…
Selon l’avocat Damon Hewitt « Les prisonniers devraient recevoir un salaire minimum, mais après que l’administration pénitentiaire ait prélevé les taxes et charges, il ne leur reste que quelques centimes de l’heure ». « Cela ne viole pas les lois de la Constitution, mais c’est moralement répréhensible » a-t-il ajouté.
Evidemment un conflit d’intérêt entre en jeu lorsqu’on demande à une société de rendre la justice alors qu’elle tire des bénéfices inouïs de la population carcérale.
Les Etats du Sud doivent ils conserver les privilèges qui leur ont été accordés en 1865 ?
Le débat est lancé et risque de faire des vagues au pays de l’Oncle Sam… Ou plutôt devrais-je dire de l’Oncle Tom ?
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La cerise sur le gâteau ! |
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Un des articles en vente a la boutique de souvenirs d'Angola
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Le travail forcé n’est pas la seule source de profit de l’industrie pénitentiaire louisianaise, en voici deux autres que pratique la prison d’Angola :
- du cd au caleçon en passant par les tasses et les fresbees, la boutique de souvenirs de la prison se porte bien ! Ses produits peuvent même être achetés en ligne sur le site du musée de la prison :
www.angolamuseum.org/gifts.htm
- et lorsque vous irez faire un tour dans le Sud, n’oubliez pas de réserver votre journée de golf dans l’enceinte pénitentiaire, sur le parcours 9 trous avec vue sur le Mississipi !
www.prisonview.com/
Dollar quand tu nous tiens…
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