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Phillis Wheatley, une esclave aux racines de la littérature noire-américaine
27/04/2011
 

Aujourd’hui considérée comme la première écrivaine noire américaine à avoir obtenu une renommée importante, Phillis Wheatley a supporté toute sa vie le racisme, la pauvreté et l’esclavage.
 
Par Hugo Breant
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Phillis Wheatley est née le 5 décembre 1753 en Gambie. À l’âge de sept ans, elle est capturée puis vendue comme esclave. En 1761, elle traverse l’Atlantique à bord du navire négrier « Phillis ». Ce sont deux commerçants Américains de Boston, John et Susannah Wheatley, qui finissent par l’acheter. Même si elle garde dans leur maison le statut d’esclave, les deux propriétaires lui fournissent une éducation, lui apprennent le latin et le grec, lui font étudier la Bible et lui apprennent à lire et écrire l’anglais. Leur fils Nathaniel lui donne également quelques leçons d’histoire et de géographie.

Âgée de 13 ans, Phillis commence à écrire des poèmes, la nuit, après ses travaux de la journée. En 1767, le journal Newport Mercury publie son premier texte. En 1770, l’un de ses poèmes reçoit un bon écho dans tout Boston. Il s’agit d’un texte à la gloire de George Whitefield, un pasteur calviniste de l’Église d’Angleterre qui fut l’un des farouches défenseurs du méthodisme.

Par la suite, en pleine guerre d’Indépendance, elle écrit un poème en l’honneur de George Washington, chef d’état-major de l’Armée continentale et futur premier président des États-Unis d’Amérique. Ce dernier lui écrit pour la remercier directement pour ses mots et son texte et finit par l’inviter chez lui pour la féliciter directement.

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En 1768, elle écrit « To the King’s Most Excellent Majesty », un texte dans lequel elle demande à George III, roi du Royaume-Uni et d’Irlande de revenir sur le vote du Stamp Act. Cette loi adoptée en Angleterre en 1765 stipule que les treize colonies américaines doivent payer un timbre fiscal pour tout document commercial ou testamentaire. Cette taxe permettait à l’armée britannique d’obtenir des fonds pour se maintenir aux États-Unis et lutter contre les indépendantistes américains.

En 1772, elle fut présentée devant la justice. Dans une Amérique esclavagiste et raciste, personne ne croyait en la véracité de ses textes. Tout le monde était convaincue que cette jeune femme noire ne pouvait pas être l’auteur de ces vers. Mais à la fin du procès, le groupe des savants de Boston et le gouverneur du Massachussetts doivent se rendre à l’évidence, Phillis Wheatley, jeune esclave noire, celle qu’ils appellent la « barbare venue d’Afrique », est bien la poétesse qu’elle affirme être.

En 1773 paraît Poems on Various Subjects, Religious and Moral. Si la préface de l’ouvrage contient d’ailleurs l’extrait du jugement de Boston, Wheatley n’a trouvé aucun éditeur dans cette ville et a donc dû faire publier son recueil à Londres, avec l’aide de la comtesse d’Huntingdon et du comte de Dartmouth. Nathaniel Wheatley l’a alors accompagné à Londres pour les rencontrer. L’un de ses poèmes, « A Farewell to America » est publié dans le journal local The London Chronicle. Une lecture devant le roi était même envisagée, mais finalement Phillis a dû rentrer chez elle plus tôt que prévu. Malgré sa rencontre avec l’abolitionniste Granville Sharp qui lui a précisé qu’elle pouvait, si elle le souhaitait, rester en Angleterre sans risquer d’être renvoyée en Amérique, Phillis a finalement choisi de repartir chez ses propriétaires.


 
 

Phillis Wheatley multiplie alors les éloges de personnalités anglo-saxonnes. Mais elle n’aborde que peu son parcours d’esclave africaine en Amérique, si ce n’est dans le poème « On being brought from Africa to America » dans lequel elle écrit :

« Twas mercy brought me from my Pagan land,
Taught my benighted soul to understand
That there's a God, that there's a Saviour too :
Once I redemption neither sought nor knew.
Some view our sable race with scornful eye,
"Their colour is a diabolic dye."
Remember, Christians, Negroes, black as Cain,
May be refin'd, and join th' angelic train. »


L’auteur devient alors la noire-américaine la plus connue de la planète. Le philosophe français Voltaire écrit même à un ami, le baron Constant de Rebecq pour lui dire que Phillis Wheatley a prouvé au monde entier qu’un Noir pouvait écrire et le faire avec style : « Fontenelle avait tort de dire qu'il n'y aurait jamais de poètes chez les Nègres : il y a actuellement une Négresse qui fait de très bons vers anglais ». Devant le succès littéraire grandissant de Phillis, ses propriétaires décident le 18 octobre 1773 de l’affranchir mais de la garder avec eux.

 
Phillis Wheatley
 



Cinq ans plus tard, le poète noir américain Jupiter Hammon, lui aussi esclave et qui fut le premier écrivain noir à publier aux États-Unis, écrit une ode à Phillis Wheatley. Un littérature afro-américaine était en train de naître en Amérique du Nord et en Europe.

Lorsque John et Susannah Wheatley décèdent, Phillis quitte la maison et épouse un marchand noir américain affranchi, John Peters. Ils ont trois enfants, dont deux meurent en bas âge. Très vite, son mari est emprisonné pour dettes. Phillis doit alors s’occuper d’un enfant malade et gagner sa vie comme servante, sans toutefois abandonner l’écriture. Malgré le relatif succès culturel qu’elle connait et la fin de son statut d’esclave, Phillis vit toujours en pleine pauvreté. Alors qu’elle travaille sur un deuxième recueil, aujourd’hui perdu, elle meurt le 5 décembre 1784, à l’âge de 31 ans. Eliza, sa fille, meurt quelques jours après elle.

À l’heure actuelle, tout le monde a oublié celle qui a fait beaucoup pour transformer l’image des Noirs en Amérique et ailleurs. Seuls un bâtiment de l’Université de Massachussetts à Boston, qui a emprunté son nom, et une sculpture de l’artiste Meredith Bergmann située au coin de la Commonwealth Avenue et de la Fairfield Street à Boston rappellent l’existence extraordinaire de Phillis Wheatley.








       
Mots-clés
afrique   culture   esclavage   phillis wheatley   
 
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