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Pour tout le mal fait à l'Afrique, maudit soit le pétrole!
17/10/2005
 

Etienne de Tayo est journaliste, promoteur du réseau des journaliste pour l'intégration en Afrique "Afrique Intègre". Vous pouvez vous aussi proposer vos articles pour la rubrique "Opinions" en écrivant à l'adresse articles@grioo.com
 
Par Etienne de Tayo
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© Station de forage au Nigéria  

Le pétrole? Ne pensez surtout pas à ce liquide inflammatoire et légèrement pestilentiel que nos parents nous envoyaient dans l'obscurité du village acheter chez le boutiquier ou quémander chez le voisin. Non, c'est un liquide noir et visqueux aux allures plutôt lugubre, un peu balaise dans ses mouvements. Il recèlerait des propriétés cancérigènes très nocives pour la santé de l'être humain et son déversement accidentel dans la mer est toujours source de pollution grave aussi bien pour les êtres humains que pour la faune maritime. Transporté aussi souvent dans les oléoducs, leur explosion entraîne généralement des pertes envies humaines. Rien à voir avec la limpidité, la fluidité et finalement l'utilité vitale de l'eau potable par exemple.

Et pourtant, la convoitise que suscite le pétrole – puisqu'il s'agit de lui dans la devinette – auprès des dirigeants les plus puissants du monde, ferait pâlir de jalousie l'eau minérale la plus cotée.

Depuis 150 ans que dure son exploitation, le pétrole a fourni au monde quelques 1500 milliards de barils de son nectar et a réussi ainsi à se hisser à ce jour comme la première source d'énergie dans le monde. La consommation quotidienne du pétrole était estimée en 2004 à 82 millions de barils et on la projette à 120 millions pour 2030. C'est dire si dans le monde aujourd'hui, selon l'expression du journal "La tribune", on n'est pas loin de la pétro-dépendance.

Mais son exploitation, la gestion de sa production et surtout la gestion de l'argent qu'il génère sont loin d'être un long fleuve tranquille. Non, depuis le début de son exploitation, le pétrole est au centre de la majorité des conflits meurtriers qui ont endeuillé et endeuillent encore le monde. Ses amoureux le surnomment "l'or noir". Peut-être veulent-ils dire l'or des noirs ou encore veulent-ils faire allusion au noir du deuil qu'il sème partout à son passage. Que ce soit dans le Caucase, en Irak, en Iran ou encore en Afrique, sous le couvert de la lutte contre le terrorisme, les puissants de ce monde se battent en réalité pour le contrôle des puits de pétrole. Malgré les réserves colossales qu'elle s'est constituée, l'Amérique de Georges W. Bush, qui soupçonne ses ennemis réels ou imaginaires de vouloir provoquer son asphyxie par une rupture de l'approvisionnement en pétrole, est prête à sacrifier autant de vies nécessaires pour assurer le contrôle du pétrole proche oriental et africain.

L'Afrique est la région qui historiquement aura le plus souffert de l'effet destructeur du pétrole au point où on, en vient à se demander si c'était une bonne chose que cette région fut doté de ce liquide du diable. Car, si sur une balance, on devait mettre d'un coté les acquis du pétrole pour l'Afrique et de l'autre les malheurs qu'il aura fait subir au contient noir, la balance pencherait vers les malheurs.

Déjà au niveau du partage des revenus, il est important de savoir que pour l'extraction de leur pétrole, les pays africains, parce qu'ils ne disposent pas de la technologie approprié ou des capitaux nécessaires ou tout simplement parce que les puissants ne veulent pas favoriser le transfert des technologies, ils sont obligés de faire appel aux compagnies pétrolières occidentales, de véritables empires mercantiles. Les pays producteurs sont alors réduits à se contenter des royalties qui dans la plupart des cas n'excèdent généralement pas 20% des sommes faramineuses qui engraissent les sociétés d'exploitation.

Aujourd'hui, le prix du baril de pétrole caracole à 65 dollars. Et pourtant les pays producteurs africains ne peuvent pas profiter de cette plue value. Pressés par les institutions de Bretton Woods et les créanciers du Nord, ces pays avaient déjà vendu leur brut par avance sur au moins 25 ans lorsque le prix du baril était à 25 dollars pour rembourser les dettes. Un peu comme ces Grecs et libanais qui dans nos pays obligeaient nos parents à leur vendre sur pied le café ou le cacao pour payer notre scolarité.

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Le roman noir du pétrole
 
© bbc  

A contrario, le pétrole a fait subir de pires malheurs à l'Afrique et aux africains au cours de ces quarante dernières années. Bras armé de la françafrique à travers la société Elf, l'argent du pétrole a financé plus d'un coup d'état en Afrique francophone. Tout récemment encore au Congo Brazzaville, Pascal Lissouba qui n'avait pas assimilé la leçon l'a compris à ses dépens et Elf a intronisé Dénis Sassou Nguéssou au pouvoir par la force des armes avant que la communauté internationale, certainement sous l'effet du pétrole ne lui accorde l'onction diplomatique.

Mais revenons au lendemain des indépendances africaines lorsque l'exploitation pétrolière de certains pays d'Afrique subsaharienne est officialisée. Quelques années après, un vrai conflit au fort parfum de pétrole se déclenche au Nigeria, ce géant démographique de l'Afrique de l'Ouest qui aligne déjà des coups d'état militaires particulièrement sanglants depuis l'indépendance est menacé de partition. En effet, le 30 mai 1967, le major général Odumegwu Ojukwu, nommé gouverneur militaire de l'Eastern state depuis peu a décidé de proclamé l'indépendance de la République du Biafra qui renferme la zone pétrolifère coincée entre le Cameroun et le reste du pays. Si son coup réussit, ce nouvel Etat sera le Koweit de l'Afrique en raison de l'immensité des réserves pétrolières. Aussitôt, Ojukwu reçoit le soutien actif des puissances occidentales attirées par l'odeur du pétrole dont celui personnel du Président français de l'époque, le général De Gaulle. Les mercenaires à qui on promet les prochains revenus du pétrole sont à l'oeuvre et transforme le pays en un véritable enfer. La guerre durera plus de trois ans et fera plus d'un million de morts dont de nombreux enfants morts parfois d'inanition. Défait, Ojukwu s'enfuit mais la tragédie des enfants faméliques du Biafra reste à jamais gravée dans les mémoires.

Au Gabon, l'autre pays producteur dont les réserves ont sérieusement décliné aujourd'hui, la manne pétrolière des années soixante avait engendrée chez le peuple une sorte d'inertie collective. Conséquence, le secteur de l'agriculture a été abandonné et il suffit aujourd'hui que la frontière entre le Cameroun et le Gabon soit fermée pendant une semaine pour que la famine sévisse à Libreville, Port Gentil et les autres villes du pays d'Omar Bongo Ondimba. Au plan politique, les dirigeants gabonais ont fait la promotion du clientélisme politique en distribuant les revenus issus du pétrole pour acheter le soutien du peuple.

Au Cameroun, Ahmadou Ahidjo, premier président du Cameroun, sans doute instruit par l'expérience de ses voisins - surtout celle du Nigeria où il s'était opposé de façon objective au risque de se brouiller avec le Général De Gaulle, à la partition du pays – ou mu par simple intuition, avait tenu d'abord secret le début de la production pétrolière du Cameroun et avait mis en garde le peuple contre l'illusion que peut véhiculer cette ressource épuisable. Il demandait alors aux populations de ne pas se détourner de l'agriculture, seule source inépuisable de richesse à ses yeux. A l'époque, certains l'avaient accusé de garder le secret sur le pétrole camerounais parce qu'il veut détourner les revenus. Ce à quoi un de ses proches a répondu en précisant: "Par rapport au Cameroun, Ahidjo se prenait pour un Roi. Et un Roi ne vole pas. Ahidjo ne se concevait pas en dehors du Cameroun. Il n'imaginait pas le Cameroun sans lui et lui sans le Cameroun. Il ne pouvait donc pas voler", conclut-il.

Mais le Cameroun connaîtra sa tragédie du pétrole à travers un fait divers macabre. Le 14 février 1995, un Wagon de la société camerounaise des dépôts pétroliers (Scdp) se renverse à l'entrée de la capitale camerounaise Yaoundé. Le carburant s'échappe des cuves dans un flot torrentiel. Les riverains du lieu de l'accident accourent avec les récipient pour recueillir le précieux liquide. Il a suffit d'une étincelle pour que le feu embrase les lieux sur une dizaine de mètres à la ronde. Des dizaines de victimes pour la plupart des enfants y ont laissé leurs corps calcinés.

Du temps de la guerre froide, l'Angola, un autre sanctuaire du pétrole dans le golf de guinée, était devenu le champ de confrontation des deux puissances Est-Ouest et surtout le champ d'expérimentation des nouvelles armes dans une guerre particulièrement sanglante qui a opposé pendant plus de vingt ans le Mpla d'Agostino Neto et José Edouardo Dos Santos, soutenu par l'union soviétique à travers Cuba à l'Unita de Jonas Savimbi soutenu par les américains. Ce dernier a depuis été abattu comme un chien dès lors que Dos Santos a assuré les maîtres du monde que sont devenus les américains qu'il leur offrira tout le pétrole qu'ils solliciteront.

C'est encore le pétrole qui a poussé le Nigeria depuis bientôt une dizaine d'années à occuper de façon illégale la presqu'île de Bakassi, un territoire au sous sol très riche en pétrole dont la camerounité avait pourtant été reconnu pour la cour internationale de justice de la Haye. Dans ce conflit certaines puissances qui devraient objectivement soutenir le Cameroun n'hésitent pas à négocier leur soutien sous forme de baril de pétrole auprès du Nigeria.

C'est toujours le pétrole qui a poussé le tristement célèbre président nigérian Sani Abacha à pendre le leader Ogoni et poète, Ken saro Wiwa et plusieurs militants écologistes qui dénonçaient les pollutions régulières de leur région, le delta du Niger traversé par un Oléoduc géant transportant le pétrole nigerain.

C'est aussi le pétrole qui a poussé Mark Tatcher, le fils de l'ancienne Première ministre britannique à réunir des mercenaires pour tenter le renversment du président Equato-guinéen, Téodoro Obiang Ngéma Bazogo. Son pays est présenté depuis quelques années comme le fameux Koweit de l'Afrique qui avait échappé à Ojukwu, à cause de sa petite population et surtout du niveau plutôt respectable de ses réserves pétrolières.

Mark Tatcher et ses commanditaires voulaient ainsi y placer un homme de paille qui leur permettra d'avoir une haute main sur l'or noir qui à mettre le pays à feu et à sang.

Au Cameroun, les poussées sécessionnistes du Southern cameroon national council (Scnc) qui revendique l'ancien Cameroun occidental anglophone, ont redoublé d'ardeur depuis quelques années. Les observateurs pensent voir chez les promoteurs de ce mouvement sécessionniste, à coté des revendications politiques parfois pertinentes, de réels appétits pétrolières. Ce d'autant que les principaux puits de pétrole du Cameroun et même l'unique raffinerie du pays se trouvent dans cette partie querellée.

En Mauritanie, la récente chute du dictateur Oul Taya que certains naïfs ont présenté comme un acte salutaire de son tombeur, dégage de fortes odeurs de fuel. Il aurait pris certaines libertés dans la signature de certains contrats d'exploitation des gisements de pétrole récemment découvert dans ce pays.

L'argent du pétrole ne développera pas l'Afrique

Au plan économique aujourd'hui, c'est l'Afrique des économies extraverties et de la pétro-dépendance qui paie le prix fort du renchérissement des prix des produits finis dû à l'augmentation des prix du brut. Surtout lorsqu'on sait que la pétrochimie est à l'origine du plastique, des solvants, des résines, la synthétique, la cosmétique… Il y a même que les prix à la pompe qui ont grimpé en Afrique mettent à mal les économies déjà fragiles. Et dans ce calvaire, tous les pays, producteurs comme non producteurs sont logés à la même enseigne. Il y a quelques jours, c'est le Togo de Faure Gnagssimbé qui, n'en pouvant plus de payer des factures toujours plus élevées présentées par Total a décidé d'en découdre avec le géant pétrolier français en le soumettant à un redressement fiscal. On lui souhaite beaucoup de courage et de chance dans cet acte de bravoure quand on sait que certaines compagnies pétrolières ont souvent déposé des chefs d'Etats africains pour moins que çà.

Sans exagération aucune, il est difficile aujourd'hui de démontrer que l'argent du pétrole autant que celui de l'aide au développement a pu aider l'Afrique à impulser son développement. Il a servi et sert encore à engraisser des réseaux criminels qui tuent et pillent en Afrique.

Que les Etats africains qui n'ont pas encore eu le malheur de découvrir sur leur territoire des gisements de pétrole cessent de donner des licences d'exploration aux compagnies pétrolières et se consacrent au développement de l'agriculture mais surtout à la recherche et à la maîtrise de l'eau, la seule richesse qui désaltère les populations lorsqu'ils ont soif, et qui mouille la terre pour faire pousser les aliments. Le pétrole doit être désormais et définitivement classé comme liquide du diable qui pollue et qui tue.

L'Afrique doit surtout pour les pays sahéliens qui sont exposés au soleil et qui bénéficie du passage du vent, développer des énergies renouvelables donc les panneaux solaires et les éoliennes. Il faut souligner que le développement de ces énergies alternatives est aujourd'hui contrecarré par les puissantes multinationales du pétrole.

Alors que je suis en train de terminer cette réflexion, l'agence internationale des transports aériens (Iata) déclare l'Afrique comme la zone la plus dangereuse au monde en matière de navigation aérienne. Une gravissime offense qui ne peut se justifier que par l'augmentation des prix du carburant qui dépassent 25% des frais d'exploitation des compagnies aériennes et les a rendu de ce fait toutes déficitaires. Une telle situation peut expliquer le fait que l'Iata ait perdu la raison et s'est acharner inutilement sur l'Afrique, le moins cher.

       
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