Barack Obama et les AfroMexicains
Par guyzoducamer, jeudi 5 juin 2008 à 19:00 :: Actualités :: #2448 :: rss
MEXICO CITY — Les média mexicains ont couronné Barack Obama le "Kennedy Noir" et interprété sa solide candidature comme un signe que les États-Unis entrent enfin dans l’âge de l’illumination raciale.
Obama a créé un buzz sur la blogosphère du pays et parmi les intellectuels qui le voient comme l’incarnation du rêve Américain.
Mais, malgré les hommages publics, la candidature d’Obama a également ouvert la porte sur le thème des relations raciales compliquées et du traitement que réserve la société mexicaine traditionnelle à la communauté Afro-Mexicaine frappée par la pauvreté et largement ignorée.
"Pour le Mexique, il n y a aucun noir; ils n’existent pas," affirme Israel Reyes Larrea, coordinateur d’une association civile Afro-Mexicaine de la côte de l’État de Oaxaca.
Reyes indique que la candidature d’Obama est considérée comme porteuse d’espoir au sein de la communauté Afro-Mexicaine d’Oaxaca qui connait l’un des taux de migration les plus élevés vers les États-Unis.
Plusieurs Noirs Mexicains disent qu’une présidence d’Obama pourrait mettre en lumière — et permettre d’améliorer — la situation des Afro-Mexicains.
Par Jeremy Schwartz
Traduit de l’Anglais par Guy Everard Mbarga MEXICO CITY BUREAU Publié le 2 Février 2008
Memim Penguin
"Nous voyons en Obama la cristallisation d’un rêve," indique Reyes.
Un total estimé à 500 000 Afro-Mexicains, soit moins de 1% de la population totale vit principalement dans des communautés isolées le long des côtes mexicaines.
En dehors des communautés noires du Mexique, les attitudes envers Obama sont aussi conflictuelles qu’elles le sont du point de vue de la race d’une nation qui a consacré l’égalité raciale dans sa constitution.
"Je ne fais pas confiance aux noirs," affirme Guadalupe Chávez, une femme au foyer de 65 ans vivant dans la ville de Mexico
"Que Dieu aide les Américains si (Obama) gagne ... Il me donne l’impression de seulement vouloir aider sa race,".
De tels sentiments étaient inexistants parmi les plus jeunes mexicains dans le sud de la ville de Mexico.
"Au 21ème siècle, il est absurde de penser que la couleur d’une personne ait autant d'importance," dit Karen Ibarra, une enseignante de musique de 28 ans. "Je ne serais pas surprise qu’Obama gagne: Il est charismatique, il a des idées innovantes, et si j’étais américaine, je voterais pour lui."
Mais, derrière la vision positive d’Obama qu’ont certains mexicains, se trouve une relation plus compliquée avec les Noirs Mexicains, une réalité que l’on capte dans les blagues, les stéréotypes fréquemment répétés et une intense, mais tacite fixation sur le ton de la peau.
"Nous vivons dans le déni," affirme Rossana Fuentes Berain, une spécialiste des relations internationales à l’Institut Technologique Autonome de Mexico ( Autonomous Technological Institute of Mexico). "Nous n’admettrions jamais (les attitudes racistes). Nous masquons la conscience raciale par les consciences sociales et de classe."
Depuis des siècles, le Mexique a basé son identité sur l’idéologie du mestizo, le mélange du blanc, desang Espagnol et des peuples indigènes plus foncés. Mais cette conception, se plaignent de nombreux Afro-Mexicains, ignore la minorité mexicaine ayant des ancêtres Africains.
Pendant la période coloniale, les Afro-mexicains étaient beaucoup plus nombreux que les Espagnols et deux héros de l’histoire Prérévolutionnaire mexicaine, Jose Maria Morelos et Vicente Guerrero étaient Afrodescendants.
Mais la présence Africaine au Mexique a depuis disparu de la conscience nationale. Les Spécialistes ont indiqué que l’isolation géographique des communautés Afro-mexicaines — la plupart furent fondées intentionnellement dans des régions isolées comme des refuges pour les esclaves fugitifs — a contribué au grand isolement de la communauté du reste de la société Mexicaine.
Un mouvement des droits civils comme celui des États-Unis n’a jamais émergé au Mexique dont les lois n’ont jamais institutionnalisé le racisme comme dans le Sud des États - Unis. Ce n’est qu’en 1980 qu’un semblant de mouvement d’une "fierté noire" a émergé au Mexique. Des aperçus des relations raciales inconfortables au Mexique ont fait surface au cours des dernières années.
En 2005, le gouvernement mexicain a décidé de mettre l’image d’un petit garçon, personnage de bande dessinée stéréotype du noir sur un timbre commémoratif.
Memin Pinguin, un personnage de bande dessinée, aux lèvres et au nez surdimensionnés et avec lequel de nombreux mexicains ont grandi, est adoré au Mexique. Cependant, malgré les protestations des Afro-Américains et de la communauté Afromexicaine qui se fait de plus en plus entendre, le gouvernement mexicain et la majorité des Mexicains ont refusé de concéder qu’il y avait quoique ce soit d’inapproprié dans la célébration de Memin Pinguin.
Dans un article qu’il avait écrit pendant la controverse, le chroniqueur Mexicain Carlos Tello Diaz indiquait que cet épisode offrait un regard rare, exceptionnel sur les relations raciales au Mexique : "Nous les voyons à l’écart de nous, nous ne les identifions pas tels qu’ils sont: une partie de nos racines, car nous ne les voyons pas autour de nous."
Les medias Mexicains ont porté leur attention sur Obama comme un symbole de changement dans les relations raciales américaines. Reyes, le leader de l’organisation Afro-Mexicaine dit qu’il espère qu’une présidence d’Obama mènerait à un meilleur traitement des Afro-Mexicains. Les villes Afro-Mexicaines ont souvent les taux de pauvreté les plus élevés dans les états Mexicains les plus pauvres.
"Les villes du Mexique ou vivent les Noirs doivent être inclues dans les programmes du gouvernement, ils ont besoin d’être soutenus et reconnus," affirme-t-il.
De nombreux supporters d’Obama au Mexique pensent également qu’en tant que minorité, Obama président serait plus compréhensif de la détresse des sans-papiers Mexicains aux États-Unis. Certains spécialistes, indiquent qu’Obama a voté en faveur du mur frontalier l’année dernière, affirment que ce pourrait ne pas être le cas.
Quelque soit ce Obama peut représenter du point de vue des relations raciales mexicaines ou du débat sur l’immigration, selon Fuentes, une chose est certaine : Le Mexique traiterait Obama de la même manière que les présidents américains précédents. "Quelque soit celui qui occupera le Bureau Oval sera traité avec respect," dit-elle. "Le pouvoir éclipse tout." (L’assistante de recherche Julieta Pelcastre de Mexico City a contribué à cet article.)
jschwartzcoxnews.com; additional material from research assistant Julieta Pelcastre in Mexico City. http://www.lufkindailynews.com/hp/content/shared/news/stories/2008/01/MEXICO_OBAMA31_COX.html
Conscience culturelle et ethnique des Afromexicains
Les Afromexicains de la Costa Grande et la naissance de la nation mexicaine
La réalité des afromexicains
Commentaires
Aucun commentaire pour le moment.
Ajouter un commentaire