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La semaine dernière, l'hebdomadaire "L'Express" daté du 24 octobre 2007 mettait en une Rachida Dati, avec une enquête intitulée "la face cachée de Rachida Dati". Outre la description du caractère "ambitieux" (voire « arriviste ») de Rachida Dati, "L'Express" affirmait, ce qui constituait une révélation, que la garde des sceaux avait menti sur ses diplômes pour entrer à l'école nationale de la magistrature.
Elle aurait selon le magazine affirmé être titulaire d'un MBA de l'Institut Supérieur des Affaires (ISA) alors qu'elle n'en possède pas le diplôme. Cette semaine, "Le Canard Enchaîné" est revenu à la charge en publiant un extrait du CV concerné où il est indiqué pour 1993 «M.B.A. du groupe H.E.C.» avec la mention «ancienne élève de l’Institut supérieur des affaires».
Mercredi 31 octobre, Christophe Barbier, directeur de la rédaction de "l’Express", révélait sur son blog avoir reçu des appels de l’entourage de la ministre qui relayait selon lui des menaces du genre "Rachida Dati ira dire à la télévision que l’express est un journal raciste". Et Christophe Barbier de se demander si "la garde des sceaux a les nerfs pour une telle fonction"... |
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"Le Canard Enchaîné" publie un extrait du CV en question
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Barbier qui n’y allait pas par le dos de la cuillère en profitait pour asséner une violente critique à "Le Point", qualifié de "voix de son maître" ("Le Point" publie cette semaine les bonnes feuilles du livre à paraître de Rachida Dati), un terme qui n’a pas du tout plu à Franz Olivier Giesbert qui a répliqué aussi sec à Christophe Barbier sur le blog du point...
Jeudi 1er novembre, Christophe Barbier a publié un nouveau billet sur son blog, intitulé "Rachida Dati calme le jeu". Il explique avoir reçu un coup de téléphone de la ministre qui se dit désolée qu’il ait reçu autant d’appels, rapporte une conversation houleuse avec le journaliste du "Canard Enchaîné" qui selon elle "allait trop loin." Elle explique qu’elle ne veut pas rendre public son dossier de candidature à l’Ecole Nationale de Magistrature "pour ne pas entrer dans un engrenage" et ajoute que "certains commencent même à douter qu’elle soit née en France". "C’est ceux qui affirment que j’ai fait un faux qui doivent en apporter la preuve".
"Très apaisée et apaisante, elle affirme ne pas avoir la moindre intention d’influencer la presse" écrit Christophe Barbier, qui ajoute que pour "l’Express" l’incident est clos.
Rachida Dati était quant à elle revenue sur l’affaire du MBA de l’ISA qu’elle aurait usurpé pour pouvoir être admise à l’école nationale de Magistrature. Elle explique dans "Le Point" (1er novembre) qu’elle a effectivement suivi les cours du MBA d'HEC, mais qu’elle n’a pas pu passer un module pour des raisons personnelles (elle était entrain de divorcer), et malgré ses demandes reitérées, elle n’a pas pu le repasser, le professeur n'a rien voulu entendre, ce qui a entraîné l’invalidation des 16 mois qu'elle avait passé dans l'école. |

Dans un livre d’entretiens avec Claude Askolovitch (« Qui connaît Mme Royal ») qui paraît bientôt, et intitulé "je vous fais juges" (Ed Grasset), elle revient sur son parcours et se défend des accusations "d’arrivisme" : "Si quelqu’un progresse, qui n’était pas prédestiné au sommet, c’est qu’il a triché, ou qu’il était dévoré d’ambition, qu’il était prêt à tout, qu’il était calculateur, cynique, manipulateur...
Seuls ceux qui sont nés du bon côté de la fracture sociale seraient honnêtes et intelligents, cumulant le mérite et le succès ! (...) Quand des journalistes s’en vont enquêter pour savoir si, par hasard, je n’aurais pas volé ou acheté mes diplômes, ils sont dans le soupçon (...) de même lorsqu’on évoque mes capacités d’intrigante mises au service de ma terrible envie de pouvoir. Comme si le monde politique était composé de modestes tendrons dépourvus de toute vélleité de carrière, et que la terrible Rachida Dati venait tout bousculer !
Des journalistes sont tout de même allés enquêter pour savoir si j’avais vraiment passé mes examens, si j’avais vraiment eu mes diplômes ! J’ai été alertée par des responsables d’université assez surpris, et même par des magistrats, à qui ces journalistes expliquaient que je n’avais jamais fait l’Ecole de la magistrature...Comme si par principe, j’avais dû tricher pour arriver ou je suis..."
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Il y a quelques semaines le site rue89.com révélait que plusieurs ministres affirmaient sur leurs CV officiels être diplômés de sciences po Paris alors que ce n’était pas le cas, et que Nicolas Sarkozy lui-même mentionnait sur son CV sa période sciences po, bien qu’il n’en soit pas diplômé…Mais dans aucun cas il n’y a eu de volonté de mener des enquêtes à charge aussi poussées que dans le cas de Rachida Dati.
Par ailleurs, il est connu dans le milieu des Ressources Humaines que la mention "ancien élève" signifie en règle générale que l’on n’a pas obtenu le diplôme (sinon on écrit clairement "diplômé de"...). N’eut été l’emballement médiatique et le fait que Rachida Dati "fait vendre", cette affaire n’aurait jamais dépassé le stade du quasi non événement.
Aucun autre ministre, même femme, même d’origine immigrée, n’est traité comme moi. Ni Rama, ni Fadela, ni personne (...) ça pilonne parceque je suis assise sur la même banquette que mes pairs. Alors que leur idée était évidemment que je devais encore en baver pour en arriver là...
Rachida Dati
(...)La Une du Point reprend les bonnes feuilles du livre de la Garde des Sceaux, qui ne devait paraître chez Grasset que le 13 novembre. Dans l’urgence, elle a trouvé un organe de presse docile et véloce pour porter sa défense. "La voix de son maître" est toujours un slogan valable.
Demeurent plusieurs questions: est-il raisonnable de réagir ainsi quand on occupe un des plus hauts postes de l’Etat? La garde des Sceaux a-t-elle les nerfs pour une telle fonction, elle qui a incontestablement le caractère trempé qu’il faut pour faire de la politologie? Qu’y a-t-il exactement dans son dossier de candidature à l’ENM ? Quelle conception exacte a t-elle de l’indépendance de la presse?
Christophe Barbier
Pour se faire mousser, Christophe Barbier fait état des interventions innombrables de la ministre ou de son équipe auprès de son vaillant directeur avant la publication d’une enquête gentillette intitulée : "La face cachée de Rachida Dati." Mais il découvre la lune, le pauvre chat. Les puissants passent leur temps à faire pression sur nous. A nous de résister. C’est notre métier. Nous le faisons modestement, sans en tirer gloire. L’indépendance n’est jamais acquise, il faut la défendre.
Pour sa gouverne, qu’il sache que la ministre est, paraît-il, furax de notre numéro, pourtant équilibré, parce que, dans notre conception, l’information doit toujours être contradictoire. Son ire ne nous fait ni chaud ni froid. Il est vrai que nous avons, nous, l’habitude de nous faire engueuler(...)
Franz Olivier Giesbert |
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