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Paru le 26 mars, un sondage IFOP réalisé pour l’hebdomadaire « Jeune Afrique » montre que la majorité des français d’origine africaine (subsaharienne et maghrébine) plébisciteraient Ségolène Royal (57 % au 1er tour et 85 % au second tour voteraient pour elle !) lors des prochaines présidentielles. Aux Antilles et sein de la communauté antillaise de métropole, on a penché à gauche au premier tour 2002 grâce à l'effet Taubira.
Pourtant, en cette année 2007, les "leaders noirs" qui bénéficient d’une certaine visibilité médiatique, "domiens" et originaires d’Afrique subsaharienne ne penchent pas forcément à gauche, loin de là. |
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A Droite (UMP et UDF) |

Au sein du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), Patrick Lozès, le président, est (logiquement) proche de l’UDF dont il est conseiller national et dont il est membre, même si la préférence du président n’engage pas forcément l’association dans son ensemble...
Le président du collectif Dom, le très médiatique Claude Ribbe, dont le don pour la polémique n’est plus à démontrer, tire à boulet rouge sur le CRAN, et sur son président Patrick Lozès. Les deux hommes ont pourtant un point commun : François Bayrou et l’UDF. Ribbe va en effet se présenter sous le pavillon UDF à la députation à Sarcelles, dans le fief du socialiste Dominique Strauss Kahn.
Patrick Karam, prédécesseur de Claude Ribbe à la tête du collectif Dom, est lui plutôt proche de Nicolas Sarkozy et a organisé une réunion sur le thème « l’outremer soutient Nicolas Sarkozy », en faveur du candidat de l’UMP. Lequel Sarkozy semble disposer d’un réel pouvoir d’attraction vis-à-vis des Noirs médiatiques puisqu’il a su attirer vers lui il y a quelques semaines Basile Boli, ex-défenseur de l’OM et de l’équipe de France, qui s’est vu confier une mission « sur la promotion de la diversité » (pour peu que tout cela ne soit pas simplement un effet d’annonce). |
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Nicolas Sarkozy et Doc Gynéco
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Même le rappeur Bruno Beausire, alias Doc Gynéco a proclamé son amour et son admiration pour Nicolas Sarkozy lui qui quelques années auparavant tirait à boulets rouge sur la police dans ses albums...
La position de Doc Gynéco, qui a déclaré considérer Nicolas Sarkozy comme une sorte de mentor lui a valu de sévères critiques de ses vieux amis, parmi lesquels les rappeurs Passi et Stomy Bugsy qui ont eu du mal à comprendre la position de « Bruno », qui sous ses airs de « clown » adepte de la provocation admirait dans une autre vie des figures historiques de la cause noire telles que Frantz Fanon ou Cheikh Anta Diop (Si si vous ne rêvez pas, vous avez bien lu !). Gyneco s’est même fait chambrer lors de son passage chez Michel Denisot par l’humoriste Thomas Ngijol qui lui a dit : « Bruno, un rappeur de droite, ça n’existe pas » ! |
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Calixthe Beyala
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rainews24.it |
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Si elle crée souvent la polémique, il faut reconnaître à Calixthe Beyala qu’elle militait au sein du collectif « Egalité » à une époque où se battre pour une plus grande visibilité des minorités en France n’était pas encore à la mode. La bouillante romancière franco-camerounaise, ne veut pas entendre parler de Ségolène Royal. Il est vrai que la gauche depuis 25 ans a déçu beaucoup de français « issus de l’immigration » selon l’expression consacrée.
Le PS considère que le vote de ces français issus de l’immigration lui est acquis et ne se foule donc pas pour leur offrir une visibilité au sein du parti. Un français « issu de l’immigration » membre du PS dont il connaît bien les arcanes, confie même « off » qu’il ne votera pas Royal ! Le PS offre paradoxalement moins d’espace aux « élites noires » et plus globalement aux minorités que l’UMP de Nicolas Sarkozy.
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Considérée comme une "jeune pousse"ou une "étoile montante" de l'UMP, Rama Yade votera pour Nicolas Sarkozy.
Secrétaire nationale de l’UMP chargée de la francophonie, vice-présidente du club du XXIè siècle, membre du club Averroes, passée par sciences-po et d’origine sénégalaise, Rama Yade, 31 ans, s’est véritablement fait connaître en prononçant un discours remarqué lors de la journée d’investiture de Nicolas Sarkozy le 14 janvier dernier.
Depuis, plusieurs journaux parmi lesquels le journal "Le Monde" se sont intéréssés à elle.
Issue d'une famille de gauche, elle considère Nicolas Sarkozy comme quelqu'un qui "prend des mesures et agit" là où la gauche accorde au mieux "de la pitié". Elle revendique néanmoins une certaine indépendance et la possibilité de pouvoir dire franchement au président de l’UMP ce qu’elle pense sur des sujets où elle n’a pas le même avis que lui. Voire de "s'en aller" si les positions respectives sont irréconciliables.
Fondateur de l’association Africagora destinée à la promotion des minorités visibles, Dogad Dogoui d’origine ivoirienne, penche lui aussi à droite, et s'est rapproché des cercles de l'UMP. |
A gauche |
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Lilian Thuram
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lalibre.be |
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Lilian Thuram, un des rares sportifs à prendre position ouvertement sur des sujets considérés comme « sensibles », ne votera certainement pas Sarkozy. Il déclarait il y a quelques semaines à Marine Jacquemin que Nicolas Sarkozy lui avait dit que c’était « les Noirs et les Arabes qui causaient problème en banlieue ». Il avait déjà croisé le fer plusieurs fois par médias interposés avec l’ex-ministre de l’intérieur.
Il penche plutôt Royal même s’il ne s’affiche pas aux côtés de la candidate du P.S. Christiane Taubira, candidate à la présidentielle 2002 pour les radicaux de gauche est (était ?) une des porte-paroles de Ségolène Royal. Très visible au début de la campagne, on la voit beaucoup moins au devant de la scène au fur et à mesure que la date fatidique du premier tour approche.
S’il penche naturellement à gauche, Gaston Kelman fait partie de ceux qui refusent de signer un chèque en blanc à la gauche et rejoint sur ce point précis Calixthe Beyala, même si les deux ne s’entendent guère (c’est un euphémisme !).
Proche des Verts, Stéphane Pocrain qui voulait être candidat cette année, est totalement absent du débat. Se prépare t-il pour mieux rebondir après les élections ? On l’espère sinon ce serait un véritable gâchis... |
A l'extrême droite |

Il y a quelques années, Dieudonné combattait le Front National à Vitrolles, et était un des membres du collectif « Egalité ». Rendons à César ce qui est à César, il faut lui reconnaître qu’il a été l’un des principaux artisans de la percée des problèmes affectant la communauté noire française dans les médias. Malheureusement, même ses plus fidèles supporters ont du mal à comprendre le cheminement qu’il suit.
Dieudonné s’affiche désormais avec le Front National dans un rapprochement orchestré depuis plusieurs mois. Est-ce par conviction ou parce qu’il est convaincu que fricoter avec le parti de Jean-Marie Le Pen « qui aime les immigrés chez eux » est la seule possibilité qui lui reste d’exister médiatiquement ? Dieudonné a embarrassé José Bové en appelant à voter pour lui il y a quelques mois. Un soutien que Bové le trouvant sans doute trop sulfureux s’est empressé de refuser... |
UMP, PS, UDF : quel espace pour les minorités au sein des partis ? |
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Basile Boli et Nicolas Sarkozy
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sarkozy.fr |
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Au vu de ce qui précède et sans prétendre être exhaustif, on peut dire que les leaders "visibles médiatiquement" de la "communauté noire" (certains remettent en cause cette expression) penchent largement à droite, et plus précisément vers Nicolas Sarkozy. On peut également constater qu’il n’existe pas de position "unifiée" au sein de ces "élites médiatiques" de la communauté noire même quand elles soutiennent un même candidat.
Nicolas Sarkozy a en tout cas compris, plus rapidement que la gauche semble t-il, quel parti il pouvait tirer médiatiquement en s’affichant comme le « promoteur de la diversité et de la discrimination positive » là où la gauche n’affiche même pas le service minimum, ce qui a conduit le ministre de la promotion à l’égalité des chances Azouz Begag, à parler « d’escroquerie » pour dénoncer l’immobilisme du PS et ses affidés depuis les années Mitterrand.
Chez celles des « élites noires » proches de Sarkozy par conviction et non par opportunisme personnel, on pense qu'être de son côté permettra de porter l’attention sur les problèmes concernant la communauté noire s'il est élu. Une approche que la communauté noire dans son ensemble trouvera discutable tant la tendance de Nicolas Sarkozy à stigmatiser les immigrés est patente. Sa gestion du dossier des régularisations des sans-papiers et ses propos sur les « banlieues qu’il faut nettoyer au Kärcher », ou sur le "fait que ceux qui n'aiment pas la France n'étaient pas obligés d'y rester" ont laissé des traces et pas que dans les banlieues. |

La dichotomie entre les Noirs les plus visibles de France, qui pour une grande partie semblent vouloir profiter de l’espace offert par Nicolas Sarkozy, et le reste de la communauté est donc tangible. Reste que la stratégie du candidat de l’UMP, dictée par les présidentielles, ne le fera pas progresser auprès de la globalité des électeurs "issus de l’immigration" ou des Dom-Tom, dont les votes compteront plus le 22 avril au soir du premier tour, que les "élites noires" dont le pouvoir d’influence réel sur leur communauté reste à démontrer.
Quant au PS, il bénéficie d’une rente de situation liée moins à la personne de Ségolène Royal qu’au fait que la gauche est traditionnellement moins répressive que la droite en matière d’immigration. Mais le Parti Socialiste devrait faire beaucoup plus d’efforts car les conséquences du manque d'espace offert aux minorités au sein de l’appareil du parti finiront tôt ou tard par se manifester dans les urnes, tant le besoin de représentation chez ces minorités est croissant et fort. Aux dirigeants socialistes de l’intégrer...avant qu’il ne soit trop tard. |

La percée relativement tardive de François Bayrou ne lui a pas permis de focaliser l’attention de la communauté noire, sauf celle de certains internautes qui ont fait remarquer qu’à l’époque où il était ministre de l’éducation, le candidat de l’UDF avait fait interdire de l’épreuve (orale) du bac de français des sections littéraires le célèbre classique d’Aimé Césaire, « discours sur le colonialisme ».
Un texte qualifié de « politique », selon les mots d’un député à l’assemblée. Bayrou, l’agrégé de lettres, n’avait pas mesuré de son propre chef la force et la richesse d’un des plus beaux textes jamais écrit pour dénoncer le colonialisme.
A l’époque, la mesure était passée comme une lettre à la poste. Gageons qu’aujourd’hui, une telle mesure soulèverait à coup sur une grosse polémique et que Bayrou y réfléchirait à deux fois. Reste que pour revenir au fond du débat, l’UDF n’est pas spécialement connue pour accorder plus de place aux minorités visibles que les deux autres principaux partis... |
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