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Livre : l'autobiographie de Malcolm X
25/03/2009
 

Paru en 1965 à la suite d'une collaboration entre Malcolm X et Alex Haley, "l'autobiographie de Malcolm X" retrace la vie et éclaire la pensée de celui qui fut l'un des leaders noirs américains les plus importants du 20ème siècle
 
Par Iphri.net
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''L'autobiographie de Malcolm X''  
''L'autobiographie de Malcolm X''
 

J’étais donc là, avec mon revolver, derrière le détective qui parlait à ce Nègre en me tournant le dos. Aujourd’hui je crois qu’Allah était avec moi, même à cette époque-là. Je n’essayai pas de le descendre. Et cela me sauva la vie.

Je me rappelle que son nom était Détective Slack.

Je levai mon arme, en l’approchant vers lui, “Voilà, prenez mon revolver.”

Je vis sa face quand il le prit. Il était choqué. A cause de l’irruption de l’autre Nègre, il n’avait pas une seule seconde pensé à une arme. Il était vraiment touché que je n’aie pas essayé de le tuer.

Alors, tenant mon arme dans sa main, il fit un signe. Et dehors, de là où ils s’étaient cachés, s’approchèrent deux autres détectives. Ils étaient en couverture. Un seul faux mouvement, et j’aurais été tué.

J’allais avoir un long séjour en prison pour repenser à tout ça.



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Alex Haley et Malcolm X  
Alex Haley et Malcolm X
© malcolm-x.org
 

“Vous êtes une autre marionnette de l’Homme Blanc envoyée pour m’espionner !”

Le premier contact aurait pu être plus cordial entre Malcolm X, ministre de la Nation of Islam (NOI), et Alex Haley, pigiste du magazine Playboy, venu pour l’interviewer. Qui aurait pu croire alors que le respect, l’estime, la confiance puis l’amitié finiraient par s’installer entre les deux hommes? Trois ans plus tard, en 1963, Alex Haley proposera à Malcolm X d’écrire sa biographie. Ce dernier hésite, tergiverse, atermoie: “Vous ne me croiriez pas si je vous parlais de mon passé”. Puis enfin il se décide et accepte. Pendant deux ans, trois heures par jour à chaque fois qu’il le pouvait, Malcolm X racontera dans les détails cette vie incroyable à Alex Haley. Il en sortira un livre-monument, un livre-testament, L’autobiographie de Malcolm X, considéré par les critiques comme l’un des livres les plus importants du 20e siècle.

Déjà dans le ventre de sa mère, le futur à naître Malcolm Little eut un avant goût de la terreur institutionnalisée dans laquelle en tant qu’africain-américain il serait amené à vivre: des membres du Ku-Klux Klan venant à la maison familiale pour lyncher son père, ce membre de l’UNIA de Marcus Garvey, accusé de “répandre le trouble parmi les bons Nègres” avec ses théories “Back to Africa”, “Africa to Africans”, et autres “Wake up, Mighty Race!”. Malcolm naîtra quelques jours plus tard, le 19 mai 1925, à Omaha, dans le nord des Etats-Unis.

Louise et Earl Little, les parents de Malcolm X  
Louise et Earl Little, les parents de Malcolm X
 

L’expérience de l’école primaire sera marquante pour le petit Malcolm. Ce sera d’abord le contact direct avec la dure réalité de la non-blanchitude dans l’Amérique des années 30. Il est pourtant l’un des élèves les plus brillants de sa classe. Il veut être avocat, mais très vite, son maître d’école, blanc, le conseille paternellement: “Tu dois être réaliste à propos du fait que tu es un négro. Avocat, ce n’est pas un objectif réaliste pour un négro”.

Il s’écarte alors très vite des bancs de l’école. Il ira à l’aventure, à Boston d’abord, puis New-York, l’autre dimension. Et là ce fut la plongée dans les abysses de la grande délinquance: trafics et escroqueries en tous genres, tripots clandestins, deals de joints et de dope. Puis les vols à main armée, les courses-poursuites avec les tueurs.

Un jour de poisse, il se fait pêcher. Nous sommes en 1946, Malcolm Little écope de 10 ans de prison. Il est si diablement mauvais et anti-religieux qu’en prison, ses co-détenus qui en ont pourtant vu d’autres le surnomment “Satan”. Et là survient le miracle: son frère lui parle durant une visite du “Vrai Dieu, Allah”, et de la “Vraie Religion des Noirs”, l’Islam. Celui qui la répand en Amérique, Elijah Muhammad, dit que l’Homme Blanc a falsifié l’Histoire des Noirs, qu’il leur a lavé la cervelle après les avoir esclavagisé. Que les Noirs doivent mener une vie honnête et saine, se séparer des Blancs et surtout s’auto-défendre.

Malcolm X photographié lors de son arrestation. Il allait passer plusieurs années en prison  
Malcolm X photographié lors de son arrestation. Il allait passer plusieurs années en prison
 

Le message touche Malcolm. Il se met en contact avec Elijah Muhammad, et en même temps décide de parfaire son instruction en dévorant tous les livres de la bibliothèque de la prison. Le dictionnaire, d’abord, qu’il recopiera de A à Z pour en savoir tous les mots; puis les livres de W. E. B. du Bois, ceux sur l’Histoire et les civilisations de l’Afrique Noire, ceux sur des rebelles africains-américains comme Nat Turner. Sa boulimie le mènera même a lire des ouvrages comme ceux de Gregor Mendel sur la génétique, ou des ouvrages purement philosophiques comme ceux de Spinoza, Kant, ou Nietzsche.

En 1952, Malcolm est libéré sur parole. Selon la tradition de la Nation of Islam, il abandonne son nom d’esclave et devient Malcolm X. C’est un homme neuf, totalement différent de la loque physique et mentale qu’il était six ans auparavant. Il est prêt à affronter son destin. Pendant 12 ans, aux côtés de Elijah Muhammad auquel il voue une admiration et une fidélité sans faille, il véhiculera le message et les dogmes de la Nation of Islam. Interviews, conférences, articles: Malcolm devient rapidement une star médiatique. Photogénique, acerbe et direct dans le discours, tout le monde veut avoir l’avis du “Noir le plus en colère d’Amérique”.

Et ce qui devait arriver arriva: la rupture avec Elijah Mohammed. Jalousie? Peur de l’aura sans cesse grandissante de Malcolm? Peu importe, celui-ci quitte la NOI au début de l’année 1964. Cette indépendance nouvelle permet à Malcolm X de voyager en Afrique (Ghana, Nigeria, Sénégal, Libéria, etc…), en Asie, en Europe, bref, de s’internationaliser. Son discours politique devient plus mûr, s’éloignant de la démonologie de la NOI. Il fonde l’OAAU (Organization of the Afro-American Unity), une structure non-religieuse de lutte pour les droits des africains-américains.

Malcolm X en famille et en compagnie de Mohammed Ali  
Malcolm X en famille et en compagnie de Mohammed Ali
 

C’est la seconde mue, Malcolm X n’est plus un agitateur politique, défendant des théories souvent farfelues: il est devenu un homme politique, un leader qui rassemble, avec un programme, avec des moyens potentiellement conséquents, avec une base électorale. Il est devenu un homme qui peut faire basculer le système, et le premier point de son agenda de présenter le problème afro-américain à l’ONU. Les menaces fusent. D’oú viennent-elles? Du FBI? De la NOI? Nul ne le sait. Malcolm confiera à Alex Haley, durant un de leurs derniers entretiens: “Si je suis encore vivant quand ce livre sortira, ce serait un miracle.”

Le miracle n’aura pas lieu. Le dimanche 21 février 1965, Malcolm X donne une conférence au Audubon Ballroom, à New York. “Enlève ta main de ma poche!”, crie quelqu’un dans le public. Cafouillage, brouhaha, bruits de chaises, les gens se lèvent en ergotant pour essayer de voir ce qui se passe. “Let’s cool it, Brothers” (Calmons-nous, mes frères), tels seront les deniers mots de Malcolm X. Quelques secondes plus tard, trois hommes montent en peloton d’exécution sur l’estrade, et vident leurs chargeurs. Malcolm X expire sur place. Il avait 40 ans.


“De toutes les façons, maintenant, je vis chaque jour comme si j’étais déjà mort, et je vais vous dire ce que je voudrais que vous fassiez. Quand je serai mort -je le dis de cette manière parce que à partir de ce que je sais, je ne m’attends pas à vivre assez longtemps pour lire ce livre sous sa forme achevée- je veux juste que vous observiez et que vous voyiez si je n’ai pas raison quand je dis: que le blanc, dans sa presse, va m’identifier à “la haine”.

Il va m’utiliser mort de même qu’il m’a utilisé vivant, comme le prototype parfait du “haineux” – et cela va l’aider à fuir la vérité qui est que tout ce que j’ai fait a été de tenir un miroir pour refléter, pour montrer, l’histoire des crimes indicibles que sa race a commis contre la mienne”.
Malcolm X


Malcolm X au Ghana. A l'arrière plan, une statue de Kwame Nkrumah  
Malcolm X au Ghana. A l'arrière plan, une statue de Kwame Nkrumah
 

Le livre sera donc publié posthumément.

Et Malcolm X avait mille et une fois raison : l’histoire de sa vie est à peine croyable. L’intérêt du regard qu’il jette sur sa vie est d’autant plus grand que le Malcolm qui parle au début du livre n’est pas celui de la fin : le premier appartient à la NOI, le second en a été chassé : “Comment est-il possible d’écrire l’autobiographie de quelqu’un dans un monde aussi rapidement changeant que celui-ci ?”, demandera-t-il à Alex Haley.

C’est ici que pour la première fois l’immense talent littéraire de Alex Haley se fait reconnaître. Déjà parce qu’au-delà du style qui est très prenant, très fluide, c’est surtout la variabilité de la texture de cet essai qui impressionne : sous sa plume, on a parfois l’impression de lire un roman policier quand Malcolm nous entraîne dans l’univers carcéral ou dans celui des malfrats de Harlem ; de lire un essai de sociologie quand Malcolm analyse (au vitriol, comme à son habitude) toutes les manifestations de l’aliénation des africains-américains de son époque ; de lire un traité de politique lorsqu’il aborde les questions relatives aux droits des africains-américains, et à tous les moyens nécessaires pour qu’ils soient respectés ; et bien sûr on éprouve la sensation de lire une très juste et très sincère biographie quand Malcolm nous raconte mille et une anecdotes qui ont jalonné sa courte vie, sans rien cacher les aspects les plus désopilants comme par exemple ses aventures de jeunesse avec son défrisage, ses chaussures oranges, sa sape d’enfer, ses joints, et la laiteuse Sophia accrochée à ses bras.


La vie d’un des plus grands leaders politique au monde, relatée par l’un des plus grands écrivains de l’histoire de la littérature, ne pouvait donner que ceci : un classique de la littérature contemporaine, le témoignage d’un homme qui sacrifia sa vie pour les siens et pour toute l’Humanité.


Article publié en collaboration avec www.iphri.net, le site des amateurs de littérature afro-caribéenne.

L’Autobiographie de Malcolm X
Auteur: Malcolm X et Alex Haley
Titre original: The autobiography of Malcolm X
Première édition: 1965
Prix littéraires: Elu par le Times comme étant l'un des 10 essais les plus importants du 20e siècle

Voir auss sur Iphri.net le pouvoir noir

Vous pouvez voir une galerie photo consacrée à Malcolm X en cliquant Ici






Le ''New York Times'' annonce la mort de Malcolm X





       
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Mots-clés
alex haley   discrimination   littérature africaine   littérature afro caribéenne   livre   malcolm x   nation de l'islam   racisme   
 
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